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  • 19 juillet 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    D’après des extraits de la monographie imprimée
    « Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
    du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

    Grandes vicissitudes générales

    Ve siècle

    - En 450, il y eut en Gaule des intempéries des saisons extraordinaires.
    - L’extrême rigueur de l’année 468 fut due uniquement au renversement absolu des quatre saisons et de leurs produits.

    VIe siècle

    - En 584, il y eut des roses au mois de janvier. Bientôt des gelées blanches vinrent endommager les vignes, les orages ravagèrent ensuite les moissons et les vignobles. Plus tard, une affreuse sécheresse acheva de détruire ce que la grèle avait laissé sur pied. Cependant les arbres fruitiers, qui avaient porté des fruits au mois de juillet, en portèrent une seconde fois trois mois après, au mois de décembre. La vigne à son tour poussa de nouveaux jets, et l’on y montra même à cette époque des raisins bien formés.
    - L’année 591 se partagea pour ainsi dire entre une excessive sécheresse qui ruina toutes les prairies, et une grande masse de pluies suivie d’inondations qui entrainèrent les foins et réduisirent beaucoup les moissons.

    IXe siècle

    - Il y eut des gelées rigoureuses les 2 et 22 juillet de l’an 800.
    - Aux vicissitudes de l’air de 829, se joignirent des pestes, la famine et toute espèce de fléaux.
    - Une sécheresse excessive marqua d’abord les mois d’avril et début mai 892, des gelées désastreuses la suivirent de près le 18 mai et le 17 juillet. Ces gelées tardives brûlèrent les vignes et les blés.

    XIe siècle

    - L’année 1033, déjà remarquable par ses pluies, se fit remarquer encore par ses grandes vicissitudes. On aurait dit que tous les éléments se livraient la guerre : pendant trois ans de suite, le temps se montra contraire aux semailles comme aux moissons.
    - Les pluies et les tempêtes de l’été de 1043, le rendirent semblable à l’hiver. Il y eut très peu de fruits et de pauvres vendanges.
    - Au milieu du mois d’avril 1063, il survint quatre jours d’un hiver si âpre avec des vents et des neiges, que la plupart des arbres et des vignes périrent, et que les oiseaux et les troupeaux moururent de froid.

    XIIe siècle

    - Le 7 mai 1118, une forte gelée détruisit la vigne presque partout, mais particulièrement à Auxerre.
    - En 1125, l’hiver eut un froid plus rude que de coutume, accompagné d’une grande quantité de neiges. Bientôt survinrent des alternatives de neiges, de pluies et de gelées jusqu’au mois de mars. Des pluies continuelles détruisirent ensuite toutes les semences.

    XIIIe siècle

    - Le 5 décembre 1206, des éclairs et des tonnerres accompagnèrent d’abondantes pluies. Ces pluies amenèrent bientôt des inondations excessives.
    - Des vents d’ouest impétueux soufflèrent sans discontinuer pendant les mois de mars et d’avril 1219. De longues pluies leur succédèrent vers la fête de la Saint-Jean. A la mi-août, éclatèrent coup sur coup des éclairs et des tonnerres extraordinaires. Le dernier lundi de ce mois, une rude gelée blanche sécha les vignes. A la fin de septembre, il se déclara de cruelles gelées qui durèrent trois semaines, et des neiges copieuses qui séjournèrent pendant plusieurs jours. Des pluies soutenues terminèrent cette année.
    - En 1224, il y eut tant de pluies mêlées de vents et de nuages, du mois d’avril au mois d’août, que le froment et les noix périrent sans ressources. Les vendanges à leur tour furent presque réduites à rien par les gelées de l’automne. Il survint ensuite un hiver si rude avec un vent si violent, qu’il renversa dans plusieurs endroits les tours des églises.

    XIVe siècle

    - Une sécheresse extraordinaire remplit le printemps et l’été de 1306, de grandes inondations la suivirent en hiver. Un froid intense gela bientôt les fleuves avant qu’ils eussent diminué, en sorte que le dégel occasionna beaucoup de désastres.
    - Il y eut, en 1330, une très forte gelée au commencement d’octobre, des vents violents presque continuels avec de grandes pluies et des inondations, depuis le commencement de novembre. Les pluies durèrent jusqu’à la fin de mars. Elles furent suivies d’une sécheresse extraordinaire, les vins furent en petite quantité et détestables.
    - En 1362, dans la semaine de Pâques, qui se trouva cette année le 17 avril, une gelée très rude tua entièrement les vignes, les noyers et les autres arbres fruitiers en France, à Tours, à Angers, jusque dans la Lorraine et au delà. Ces gelées, l’humidité de l’hiver suivant et des pluies presque continuelles, firent manquer absolument à peu près partout le vin, les noix et les autres fruits. Le vin, les fruits et les blés avaient abondé l’année précédente.
    - Après une sécheresse et une chaleur insupportables, prolongées jusqu’au milieu du mois d’août 1384, il survint des pluies excessives qui se prolongèrent jusqu’au mois de mars de l’année suivante.

    XVe siècle

    - De grandes tempêtes, des orages avec éclairs, tonnerres, des pluies et des vents, régnèrent en divers lieux en 1466, et spécialement dans le Soissonnais, où les vignes furent endommagées.

    XVIIIe siècle

    - Fodéré a pris acte de l’irrégularité des saisons dans les dix premières années du dix-huitième siècle. Le duc de Saint-Simon avait déjà remarqué la perturbation de nos saisons depuis le grand ouragan de 1701, perturbation caractérisée par des vents violents, des froids insolites et la fréquence des pluies. Ces irrégularités auraient augmenté, selon lui, d’année en année, en sorte qu’il y a longtemps, disait-il vers la première moitié de ce siècle, qu’on n’a plus du tout de printemps, qu’on a peu d’automne, et que l’été se trouve réduit à quelques jours.
    - Le célèbre médecin Fouquet constatait aussi, en 1771 l’accroissement sensible depuis quelques années des variations atmosphériques sous le climat de Montpellier. Le long tableau comparatif des jours de chaleur, dressé par J.-D. Cassini, confirme à quelques égards, pour le climat de Paris, l’observation générale du duc de Saint-Simon car il résulte de ce tableau, d’après l’annotation même de Cassini qu’à dater de 1700, les chaleurs sont bien moins fréquentes que vers le commencement de ce siècle et à la fin du siècle précédent. Les observations des membres de la société royale des sciences de Montpellier ne démentent pas non plus, relativement au climat de cette contrée, les faits avancés par Fouquet.
    Citons en détail les vicissitudes les mieux connues des années de ce siècle.
    - L’année 1780 fut variable et humide.
    - Les irrégularités de 1784 et de 1785 se ressemblèrent jusqu’à se confondre. Un froid immodéré et des neiges abondantes caractérisèrent les deux hivers, une sécheresse opiniâtre, commune aux deux printemps, fit périr les fourrages. Les deux étés essuyèrent alternativement des excès de chaleur et de froid, d’humidité et de sécheresse. Des froids prématurés envahirent pareillement les deux automnes. Les deux années varièrent donc effectivement dans la même mesure et dans les mêmes directions.
    - Une ressemblance analogue rapproche les vicissitudes de 1789 à 1793. Après le rude hiver de 1789, on remarqua avec surprise la douceur insolite des hivers de 1790, 1791 et 1792. Il semblait, au dire du P. Cotte, que l’hiver de 1789 avait consommé le froid des trois hivers suivants. Toutefois, les printemps et les étés de ces quatre années n’accréditèrent pas ce système, car un froid souvent très rigoureux y tint constamment la place de la température normale. Les vignes surtout souffrirent de ce renversement général. Elles gelèrent, notamment dans toute la France, la nuit du 30 au 31 mai 1793. L’année 1793 en particulier se fit remarquer par les plus surprenantes vicissitudes. A un printemps froid et pluvieux, succédèrent tout à coup des chaleurs excessives et prolongées. Un hiver très rigoureux remplaça brusquement à son tour les chaleurs violentes de l’été, ce qui produisit à cette époque une disette presque absolue de vin.

    XIXe siècle

    - Des variations presque continuelles traversèrent aussi les saisons de 1803. Le temps resta très doux pendant le mois de décembre 1802 et les dix premiers jours du mois de janvier 1803. Il se refroidit beaucoup du 11 au 16. Les gelées cessèrent du 17 au 24, le froid reprit du 25 au 31, cessa de nouveau et reprit encore du 4 au 13 février. Il fit extrêmement doux jusqu’au 3 mars. Les gelées recommencèrent avec des neiges abondantes pendant dix autres jours. La température s’éleva après le 14 et se maintint douce ou plutôt chaude pendant le reste du mois. En avril et en mai, il souffla un vent aigre très sec et très froid. On vit même des gelées à glace le 30 avril, les 14, 15 et 18 mai. Des pluies froides suivirent ce froid sec, du 20 mai au 3 juin, excepté le 28 et le 29, où l’air se radoucit tout à coup pour se refroidir aussitôt après jusqu’au 8 juin. Du 8 au 20 juin, la chaleur se montra assez vive, mais le 21, le froid et le vent aigre revinrent. Il y eut encore une gelée blanche le 21. C’est le 28 de ce mois qu’éclatèrent brusquement les chaleurs sèches de cette année. Elles durèrent, comme nous l’avons établi, 76 à 94 jours de suite, sauf quelques courtes interruptions, le 5 juillet, le 1er août et les premiers jours d’octobre. Des gelées précoces les remplacèrent le 1er novembre. A ces gelées momentanées, succédèrent des vents impétueux du sud-ouest, un temps doux et pluvieux, avec des alternatives d’une température douce et froide à la fin de l’année.

    - Les vicissitudes de 1832, année de l’invasion du choléra en France, méritent de nous arrêter. Un froid fort modéré marqua, contre l’ordinaire, les deux mois de janvier et de février. Le jour le plus froid n’indiqua pas, à Paris, au-dessous de -3°5, et le thermomètre monta au jour le plus chaud jusqu’à 12°2. La température varia journellement et souvent d’heure en heure entre ces deux extrêmes, sous l’influence d’un ciel alternativement clair et couvert, de vents tantôt violents et tantôt faibles, et d’une humidité presque permanente, déterminée à la fois par des dégels réitérés, par des pluies fréquentes et par des brouillards épais. Les perturbations atmosphériques s’interrompirent le 13 ou le 14 février, pour nous procurer plusieurs jours d’un temps doux et très beau au milieu de la journée, mais froid et chargé de brouillards le matin et le soir. Un vent froid et impétueux termina brusquement cette agréable période. Toutefois, les alternatives de froid et de chaud, de calmes et de tempêtes, de soleil et de pluie reprirent depuis le 29, entremêlées de neiges, de grêles et de brouillards. Ces bourrasques redoublèrent vers l’équinoxe et se prolongèrent d’ailleurs jusqu’au 26 ou 27 mars. Alors survint une nouvelle période de calme accompagnée d’un ciel clair, d’un soleil radieux et d’une chaleur de mois de juin. Une sécheresse insolite remplaça l’humidité dominante des mois antérieurs. Le temps se troubla de nouveau le 5 ou le 6 avril. L’accroissement de la température n’en rétablit pas l’équilibre. Des orages réitérés firent à peu près les frais de la constitution de l’été, apportant, comme de coutume, un calme profond avec une chaleur ardente avant d’éclater, des coups de vent avec des averses bruyantes pendant l’explosion même, un froid pénétrant avec une humidité exubérante après leur effet. Malgré ces orages, les vicissitudes de l’été inclinèrent plutôt vers la chaleur et la sécheresse que vers le froid et l’humidité. Le désordre des éléments survécut à la saison chaude. En automne, le froid et la chaleur, l’humidité et la sécheresse, les tempêtes et les calmes alternèrent et se confondirent encore sans relâche, seulement le fond de l’air devint froid. Il y eut de nombreux brouillards, quelques neiges et beaucoup de pluies, ce qui fit pencher les vicissitudes automnales plutôt vers l’humidité et le froid que vers la sécheresse et la chaleur.

    - Des variations plus longues et plus profondes bouleversèrent les saisons de 1841. L’hiver fut très précoce et se composa, surtout dans le nord, d’alternatives d’un froid extraordinaire et de dégels complets. Une chaleur précoce se déclara le mois de mars. Le thermomètre monta à Paris à 13°, 18°, 20° et 22°. Un soleil resplendissant éclaira, presque sans interruption, cette haute température. La végétation surexcitée se réveilla avec ativité. Les arbres fleurirent dans la première quinzaine du mois, et la plupart étaient déjà couverts de feuilles le 30. Cette chaleur, ce soleil et cette verdure appartenaient, à vrai dire, aux plus beaux jours du mois de mai. Des bourrasques et quelques pluies froides ternirent en avril l’éclat du ciel, mais, dès le 26, le beau temps reprit, et la température s’éleva à 8°, 10°, 15° puis 19°. Le mois de mai et les sept ou huit premiers jours du mois de juin furent génératement très beaux, très secs, et surtout très chauds. Le thermomètre, au milieu du jour, dépassa presque constamment 20°. Il atteignit souvent 26° et 27°. Il monta même, le 25 mai à 31°1, le 27 à 33°7 et le 26 à 33°8. C’était à Paris, comme en province, la chaleur extrême du mois de juillet. Une constitution peut-être plus étrange remplaça brusquement cette singulière constitution. L’air se refroidit, le vent souffla par rafales, poussant devant lui de gros nuages sombres d’où s’échappaient plusieurs fois dans la journée des torrents de pluie froide. Ce temps de bourrasques commença le 7 juin, il continua opiniâtrement jusqu’au 18 août. Peu de jours s’écoulèrent sans pluie. Ce n’était du matin au soir que des alternatives de chaleur et de froid, de calmes et de tempêtes, d’averses et d’éclaircies. Si le soleil étincelait tout un jour, ce qui arrivait rarement, sa chaleur lourde et accablante présageait à coup sûr un orage ou un ouragan. Le froid, les bourrasques et les pluies assimilèrent cet été aux plus tristes jours de l’automne. On se chauffa plusieurs fois dans le mois de juin, de juillet et d’août. Les produits de la terre, si avancés au mois de mars et de mai, se trouvèrent en retard dès les premiers jours de juillet. La plupart, notamment les grains, les fruits et les raisins, dépérirent même par la suite ou ne mûrirent point, faute de chaleur, de sécheresse et de soleil. 

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