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  • 18 juillet 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Andrée FRANCOIS dans A NOS ANCIENS andreefrancois-150x150

     

    D’après un article paru dans la « Revue Lorraine Populaire » – Août 1999.

     La grande affaire de Metz

     

    Lorsqu’Andrée François vit le jour en 1905 à Ay-sur-Moselle (57), rien ne laissait présager qu’elle serait un jour assimilée à une « terroriste très dangereuse ».

    En 1912, la famille François vient s’établir à Jœuf (54), où son père trouve un poste à l’usine De Wendel spécialisée dans le matériel nécessaire à l’édification des voies ferrées. Après les événements de 1914, la famille quitte Jœuf, et n’y reviendra qu’en 1918.

    Dès sa plus tendre enfance, Andrée François se sent une vocation d’enseignante et après avoir obtenu le Brevet Supérieur en 1924, elle est agréée par l’enseignement public à 19 ans. Son début de carrière commence à Petit-Failly (54), puis, en 1925, titulaire d’une classe de cours moyen, elle est également chargée de la gymnastique et de la musique dans toutes les classes de l’école de Jœuf. En 1931, elle est nommée institutrice adjointe à Froidcul (57). En 1940, n’acceptant pas de demeurer en Lorraine annexée au Reich, elle est expulsée comme Française.

    Mais Andrée François, patriote jusqu’au bout des ongles, n’accepte pas la défaite et, en 1941, elle décline l’offre de la Feldkommandatur 591 de Nancy, lui proposant une reprise éventuelle dans les services administratifs allemands.

    Restée en contact avec mademoiselle Stabile de Moyeuvre (57), elle franchit le pas en transmettant des nouvelles de zone occupée vers la zone libre et vice-versa, ceci grâce au curé de Chapeau (03), près de Moulins, qui a une paroisse de chaque côté de la ligne de démarcation et qui est un ami d’un ancien curé de Froidcul.

    Sa famille paie un lourd tribut aux envahisseurs. Un de ses frères restera dans les camps nazis jusqu’en 1945.

    Mais ce travail de fourmi ne lui suffit pas, et faisant fi des dangers qui commencent à se préciser, elle participe avec sa mère, à un réseau de passeurs de la vallée de l’Orne qui prennent en charge ceux qui fuient l’occupant : prisonniers de guerre évadés, aviateurs alliés abattus en territoire ennemi, victimes raciales, réfractaires au service du travail institué par les Allemands (Arbeitsdienst) suivi automatiquement d’une incorporation au sein de la Wehrmacht. Ce réseau leur fournit asile, temporairement faux papiers, vêtements, argent, afin de gagner la zone libre. Plus de 3000 transiteront ainsi par Jœuf, et près de 5000 passeront par Jarny.

    Mais l’ennemi est sur ses gardes et, en mars 1942, 30 passeurs tomberont dans les griffes de la Gestapo. 23 seront déportés, et parmi les victimes, sa mère Victorine. Le 17 avril, Andrée tombe à son tour. Plusieurs ne reviendront pas des camps allemands.

    Leur calvaire commence par un internement musclé. Transférée à Metz, Andrée rencontre sa mère dans les locaux de la prison. Désignées par la police ennemie comme « Les gens de la grande affaire de Metz », elles sont classées N.N (Nacht und Nebel – Nuit et Brouillard), donc appelées à disparaître sans laisser de traces.

    Le 1ermai 1942, elles quittent la France et sont transférées à Trèves. Le 24 septembre, c’est un nouveau départ pour Cologne où leur procès a lieu, le 6 février 1943, avec le motif d’accusation « d’aide aux prisonniers de guerre évadés et incitation de Lorrains à la désertion ». Condamnée primitivement à 3 ans de cellule, leur état de N.N les classe dans les déportables en camp de concentration.

    Transférée sans arrêt, Andrée François et sa mère vont connaître les bagnes de Hanovre, Hambourg, Lübeck, Butzow, Neubrandembourg.

    En juillet 1944, elles sont déportées au camp de Ravensbrück. Le 7 mars 1945, leur chemin de croix les conduira au camp de Mathausen. Là, le 16 mars, Andrée aura la douleur de perdre sa mère, minée par les mauvais traitements, la faim, les maladies (dysenterie et pneumonie).

    Bien que leur fin soit proche, les nazis, qui croient toujours à un miracle, transportent leurs victimes d’un camp à l’autre. N’ayant pas voulu quitter les malades du « Revier », Andrée ne profitera pas du convoi de la croix-rouge emmenant 225 femmes vers la Suisse.

    Après plus de 7 jours de voyage, dans des conditions atroces, elle arrive au mouroir de Bergen-Belsen le 25 mars 1945. Là, elle a encore la force de s’occuper des déportées âgées et malades, et essaie de leur redonner du courage. Le jour de Pâques, elle baptisera une détenue mourante venue de Ravensbrück.

    Enfin, le 15 avril 1945, Andrée François aura la joie de voir arriver les Britanniques. Mais elle est au bout du rouleau et, étant intransportable, pesant à peine 26 kilos, elle se retrouve en quarantaine dans une caserne SS transformée en hôpital.

    Ce n’est que le 15 juin 1945, qu’elle reverra la France. Hospitalisée à l’hôpital de la Salpétrière, en même temps que de nombreux traitements, elle subit une amputation transmétatarsienne.

    Le 14 décembre 1945, après de nombreux mois de descente aux enfers, Andrée revoit sa Lorraine natale. Mais avant reprendre en 1947 une vie à peu près normale, elle devra faire un séjour en sanatorium en Suisse.

    Après avoir enseigné à Moyeuvre, être nommée hors classe en 1948, elle prendra en charge en 1951, une classe de 9èmeau lycée Saint-Vincent à Metz.

    En 1956, elle prendra sa retraite mais ne pourra pas rester inactive et, durant de nombreuses années, s’occupera de l’Association des Déportés et Internés de la Résistance, dont Geneviève de Gaulle en est la présidente.

    André François qui s’éteindra en 1973, sera nommée :
    - Capitaine au titre de la Résistance
    - Officier de la Légion d’Honneur
    et recevra :
    - la croix de guerre avec palme
    - la médaille des Combattants volontaires de la résistance
    - la médaille des passeurs et évadés
    - les palmes académiques.

    Quant à sa mère Victorine François, elle sera nommée sous-lieutenant au titre de la résistance, et sera décorée de la croix de guerre, de la médaille militaire et de la médaille de la résistance.

     

  • One Response à “Andrée FRANCOIS”

    • michèle Vinar eymere on 3 février 2020

      PEUT ON ENCORE TROUVER LE LIVRE DU cURe fRAN9OIS SUR «  » Passeurs et Déportés : un groupe de la vallée de l’Orne.  »
      Merci de me répondre
      16 rue du vieux Magny 58470 MAGNY COURS
      03 86 58 11 58

    Répondre à michèle Vinar eymere


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