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  • 9 juillet 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    D’après des extraits de la monographie imprimée
    « Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
    du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

    Grandes pluies générales, communes aux contrées du nord et du midi

    Ve siècle

    - Les grandes pluies et les débordements de l’année 490 causèrent la peste.

    VIe siècle

    - En 580, la cinquième année du règne de Childebert, des pluies énormes enflèrent prodigieusement tous les fleuves de la France. Il s’en suivit d’effroyables inondations, surtout à Lyon et dans la Lunagne. La violence des eaux submergea les troupeaux, entraîna les récoltes, ruina beaucoup de maisons. En Auvergne, on ne put ensemencer les terres. A Lyon, le Rhône et la Saône réunis franchirent leurs rives, détruisirent un grand nombre d’édifices, et renversèrent même une partie des murailles. Les habitants épouvantés, craignant un nouveau déluge, se réfugièrent avec leurs femmes, leurs enfants et ce qu’ils avaient de plus précieux, sur les collines de Saint-Just et de Saint-Sébastien. La grêle, des tremblements de terre, les explosions de la foudre et un ouragan terrible vinrent ajouter au spectacle de cette désolation. Ce bouleversement éclata vers le commencement de l’automne. Dès que la pluie eut cessé, les arbres fleurirent de nouveau. La pluie était tombée par torrents pendant douze jours de suite en Auvergne, et pendant vingt jours à Lyon.
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    Le mois de janvier 582 éprouva de fortes pluies accompagnées d’éclairs et de tonnerres.
    - Le printemps et l’été de 585 furent si pluvieux, qu’on les aurait pris pour l’hiver. La grande masse des pluies de cette année fit déborder les fleuves à travers les champs et les prés. Ces débordements démesurés compromirent gravement les récoltes.
    - Les pluies énormes de 587 grossirent prodigieusement les fleuves, notamment en Bourgogne.
    - Il tomba tant de pluies avec de la grêle après la fête de Pâques 589, qu’en moins de deux heures les plus petits ruisseaux se changèrent en grands fleuves. Le débordement des rivières s’éleva à une hauteur inouïe.
    - De puissantes pluies, suivies de violents tonnerres et de grandes inondations, régnèrent en 590 pendant l’automne.

    VIIe siècle

    - De fortes pluies, accompagnées d’inondations désastreuses, succédèrent à la sécheresse de 691.

    IXe siècle

    - L’inondation de 809 surpassa toutes les inondations connues. Elle emporta les moissons des champs riverains, et força les habitants des bords des rivières à chercher un refuge sur les hauteurs. L’abondance des pluies en fut la cause. Elle atteignit à son apogée le 28 décembre.
    - L’excès des pluies et de l’humidité de 820 firent déborder les fleuves, ne permirent pas les semailles d’automne, corrompirent les grains et les légumes. Le défaut de chaleur, joint à ces pluies et à cette humidité, appauvrirent et détériorèrent la récolte du vin. Il y eut même des pays où l’on ne put ensemencer avant le printemps.
    - En 838, il tomba des pluies diluviales.
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    La quantité des pluies de 868 occasionna des inondations funestes aux grains.
    - En 889, des crues d’eau extraordinaires désolèrent le Nord et l’Italie. La masse des pluies tombées dans la Thuringe renversa en peu de temps trois villages, et y noya trois cents personnes.

    XIe siècle

    - Des pluies excessives et les débordements des fleuves signalèrent en plusieurs endroits l’année 1003. La Loire surtout s’éleva à une hauteur prodigieuse, elle ravagea tout le littoral et y fit craindre un autre déluge.
    - L’excès des pluies et de l’humidité fut la principale cause de l’affreuse famine de 1030 à 1033. La terre était incessamment baignée par la pluie, on attendait en vain un temps favorable, soit pour les semailles, soit pour les récoltes. Le sol resta tellement trempé pendant ces trois ans, qu’il n’offrit pas un seul sillon propre à recevoir le grain. La triste ivraie triomphait partout dans les champs. Le boisseau de semence ne rapportait qu’un setier dans les meilleurs terrains, et le setier lui-même à peine quelques grains.

    XIIe siècle

    - En 1125, des pluies continuelles emportèrent presque entièrement les semences après le mois de mai.
    - Il y eut, en 1175, une inondation si grande au mois de novembre, qu’elle renversa les métairies et bouleversa les semences.
    - Les grandes pluies du mois de février 1195 firent déborder les fleuves et occasionnèrent beaucoup de dommages.

    XIIIe siècle

    - Une inondation effrayante succéda aux éclairs et aux tonnerres du mois de décembre 1206, et amena des désastres extraordinaires : on ne se souvenait pas d’avoir jamais vu une inondation semblable. La Seine, à Paris, rompit trois arches du Petit-Pont, et toutes les rues étaient tellement inondées, qu’on ne se visitait plus qu’en bateau.
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    En 1219, un vent d’ouest impétueux souffla d’abord assidûment durant les mois de mars et d’avril. Au mois d’avril, quoiqu’il ne plût point, les eaux enflèrent outre mesure, et ravagèrent pendant un mois et demi les campagnes des environs. A Paris, la Seine envahit une foule de maisons où l’on ne pénétrait plus qu’avec des barques. Une crue inattendue couvrit même le Petit-Pont. Celui-ci était encore impraticable dans la première quinzaine du mois de mai. Bientôt des pluies survinrent. Elles commencèrent vers le 24 juin, et continuèrent sans interruption jusqu’au mois d’août suivant. Cette constitution insolite retarda dès lors la moisson et les vendanges. Plus tard, des gelées précoces, avec de grandes neiges précédées de violents orages, consommèrent la ruine de la récolte du vin. Ensuite, les pluies reprirent pour continuer, toujours sans relâche, accompagnées de nouvelles inondations terribles, jusqu’au mois de février 1220. L’inondation submergea presque Grenoble.
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    Il tomba tant de pluies dans les mois d’avril, mai, juin et juillet 1224, qu’elles détruisirent entièrement les noix et les grains.
    - La grande quantité de pluies de 1258 fit germer les blés des champs et des granges, elle empêcha aussi la complète maturité du raisin.

    XIVe siècle

    - En 1306, une inondation excessive survenue en hiver succéda à la sécheresse immodérée du printemps et de l’été. Le froid gela fortement les eaux avant qu’elles eussent diminué.
    - Des pluies presque continuelles, avec un froid extraordinaire pendant l’été, régnèrent en 1315, depuis le milieu du mois d’avril jusque vers la fin de juillet. Les moissons et les vignes ne mûrirent pas.
    - Des pluies mêlées de vents, suivies d’inondations, commencèrent au mois de novembre 1330, et continuèrent jusqu’en mars. Il survint ensuite une sécheresse excessive.
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    L’hiver de 1334 fut très humide.
    - Il en fut de même des hivers de 1361 et de 1362.
    - En 1384, il y eut des pluies excessives après une longue sécheresse, depuis la fin du mois d’août jusqu’au mois de mars 1385. Les raisins se pourrirent.
    - Les mois de décembre, janvier et février 1394-1395, furent extrêmement pluvieux. Ces pluies firent déborder trois fois tous les fleuves du royaume.
    - L’excès des pluies de 1399 amena le débordement de plusieurs fleuves du royaume, surtout de la Seine, depuis la fin de mars jusqu’au milieu d’avril.

    XVe siècle

    - En 1427, il plut sans discontinuer du mois d’avril au 9 juin. A Paris, la Seine couvrit entièrement l’île Notre-Dame (île Saint-Louis), et s’éleva sur le quai Saint-Paul à la hauteur du premier étage des maisons. Elle noya le marais. Ses eaux dépassèrent de deux pieds, l’année suivante, le niveau de cette année.

    XVIe siècle

    - En 1535, il ne cessa de pleuvoir pendant deux mois.
    - L’année 1548 fut fort pluvieuse et accompagnée de grandes inondations.
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    Les pluies de 1570 firent déborder les rivières dans plusieurs parties du royaume. Benoist Rigaud décrit en détail le débordement subit du Rhône à Lyon, dans la nuit du 2 décembre. De mémoire d’homme, on n’en avait vu un si subit et si considérable.

    XVIIe siècle

    - Les averses orageuses de l’année 1651 la firent appeler l’année du déluge. Toutes les rivières débordèrent. En Provence, le 8 septembre, la Durance remonta jusqu’aux portes d’Avignon. A Grenoble, en novembre, l’Isère abattit le pont avec cinquante maisons, noya quinze cents bêtes à la campagne et trois cents à la ville. Elle laissa trois ou quatre pieds de sable dans toutes les rues. Ses eaux s’élevèrent, dit-on, de plus de vingt pieds au-dessus de leur hauteur ordinaire.
    - Les mêmes débordements se renouvelèrent en 1657 : la Camargue fut ensevelie sous le Rhône.
    - Des pluies universelles, pendant l’été de 1697, firent déborder toutes les rivières. Elles durèrent au moins deux mois. La pluie tomba si fort pendant huit jours depuis la Saint-Pierre (29 juin), autour de la Seine, de la Loire et de la Meuse, qu’en une seule nuit, ces fleuves grossirent de sept pieds. Leur accroissement continua, et ils submergèrent tous les pays riverains, avec les moissons, les maisons et leurs habitants.

    XVIIIe siècle

    - Les pluies de 1711 produisirent, à Paris, 681 millimètres d’eau, 199 millimètres de plus que la quantité moyenne. Des orages s’y joignirent à Marseille. Lyon en éprouva une inondation terrible. Le Rhône se réunit à la Saône à l’extrémité du Mail. Le portail de l’église de la Charité fut couvert par près de deux mètres d’eau, le faubourg de la Guillotière presque entièrement submergé, et la communication de la ville avec la campagne interceptée, excepté par la Croix-Rousse et Saint-Just. Ces pluies tombèrent surtout dans les mois de janvier et de février.
    - Le froid, un ciel couvert et des pluies continuelles remplirent à peu près l’année 1725
    On attribua ces effets à l’action des vents du sud-ouest sur les vapeurs émanées des glaces du Canada. Ces pluies froides retardèrent toutes les récoltes. A Paris, depuis le commencement de mai, il se passa peu de jours sans pluie, mais comme les gouttes d’eau étaient petites et déliées, la somme de l’année n’atteignit pas la quantité moyenne.
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    Les pluies et le froid remplirent à peu près le cours de l’année 1740. L’udomètre de l’Observatoire de Paris en mesura cette année 584 millimètres : 153 millimètres dans les six premiers mois, et 431 dans les six derniers. Le mois de décembre en fournit 137 millimètres, presque autant que les six premiers mois. Bordeaux en eut à proportion beaucoup plus que Paris, car elle y surpassa de 162 millimètres le chiffre annuel moyen. L’accumulation de ces pluies, quand l’évaporation était presque nulle et le sol déjà très humide, devait procurer des crues d’eau considérables. Celle de la Seine, à Paris, fut surtout monstrueuse. Elle atteignit à la fin de l’année 7,39 mètres au-dessus du zéro de l’échelle du pont de la Tournelle. C’est la plus grande élévation connue après la crue de 1658, qui égala, dit-on, 8,23 mètres. Les pluies de cette année, vraiment extraordinaires, occasionnèrent de tous côtés des inondations désastreuses. Peu de provinces en furent exemptes. Les États voisins en eurent de semblables. A Paris, nous venons de le dire, le mois de décembre fut le plus chargé, et le débordement de la Seine surpassa celui du mois de février 1711, sans atteindre néanmoins celui de 1658.
    - D’abondantes pluies tombèrent aussi en 1772, principalement dans le Midi. Montpellier en eut environ 1167 millimètres, soit 403 millimètres de plus que la quantité moyenne, et Marseille 1243 millimètres, ou 770 millimètres de plus que la moyenne annuelle. Les rivières débordèrent à Lyon, dans le Languedoc, en Roussillon et en Provence. Les pluies se déclarèrent au mois de septembre, redoublèrent au mois de novembre, et devinrent excessives au mois de décembre.
    - Un semblable déluge éclata en 1790.

    XIXe siècle

    - Au mois de décembre 1801, le Rhône inonda Lyon. Les quais et les rues adjacentes, la plaine des Brotteaux et le faubourg de la Guillotière disparurent sous le fleuve. La hauteur de ses eaux atteignit le niveau de l’inondation de 1756, l’un des plus forts débordements. Les pluies recueillies ailleurs excédèrent, en général, la quantité annuelle moyenne. A Viviers notamment, où cette quantité égale 910 millimètres, il en tomba alors 1302 millimètres de plus qu’il n’en est tombé dans l’année depuis 46 ans. Les pluies de 1801 appartiennent spécialement à la saison de l’automne. Le 6 septembre seulement en a produit à Viviers 356 millimètres, en dix-huit heures. C’est la plus forte averse des 46 ans d’observation.
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    En 1811, la chaleur concourut généralement avec des pluies extraordinaires. Nous avons parlé ailleurs de la chaleur de cette année. On jugera de ses pluies par celles de Paris, Viviers, Joyeuse et Montpellier. Paris en a mesuré 597 millimètres au lieu de 482, Viviers 1015 au lieu de 910, Montpellier 1139 au lieu de 764, Joyeuse 1728 au lieu de 1281. Il en est moins tombé à proportion à Paris que dans la province, et la plus grande quantité, relativement à la quantité moyenne, a eu lieu à Montpellier et à Joyeuse. Cette masse de pluies ravageait le Languedoc et le Vivarais, précisément à la même époque où le Roussillon et la Lorraine se plaignaient depuis plusieurs mois d’une sécheresse inaccoutumée.
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    Les pluies de 1829 se sont étendues du nord au sud et de l’est à l’ouest. On les a signalées à Paris, à Rouen, à Metz, à Strasbourg, à Berzé-la-Ville, près de Macon, à Nantes, à Joyeuse, à Marseille, à Arles. Aucune contrée, peut-être, n’en a été exempte. La somme totale, plus ou moins considérable, a surpassé presque partout le chiffre moyen de l’année. Elle a égalé en millimètres, 611 à Paris sur la terrasse de l’Observatoire, 1123 à Rouen, 732 à Metz, 761 à Strasbourg, 970 à Berzé-la-Ville, 1567 à Nantes, 1385 à Joyeuse, 596 à Marseille, et 851 à Arles. L’année entière en a ressenti l’influence, mais c’est principalement en automne, au printemps ou en été, que leur maximum est arrivé.
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    Des orages accompagnés d’averses remplirent la constitution des six derniers mois de 1840. A Paris, cette période orageuse s’est déclarée la nuit du 6 mai et s’est maintenue jusqu’au 27 novembre. Elle fut précédée et suivie d’une sécheresse opiniâtre. Les averses mêlées de vents d’ouest et entrecoupées d’éclaircies, se sont répétées, à de très courts intervalles, pendant cinq mois consécutifs, fournissant chaque fois des quantités variables de pluie. Les plus copieuses, à beaucoup près, ont été recueillies dans les mois de septembre, de novembre et d’octobre. Les moins abondantes avaient été obtenues dans les mois de juin, d’août, de mai et de juillet. La Seine déborda les premiers jours de novembre. Le 20 de ce mois, ses eaux couvraient encore la moitié des ports de la ville. Ces orages et ces pluies n’épargnèrent pas la province. Ils y firent au contraire de plus grands ravages qu’à Paris, surtout dans les bassins du Rhône et de la Saône. Les départements de l’Est et du Midi se souviendront longtemps des inondations de 1840. A Avignon, le Rhône dépassa, dit-on, de 80 centimètres la crue de 1775. A Lyon, sa hauteur fut si prodigieuse qu’elle franchit, à son apogée, tous les niveaux connus depuis plus de cent ans. Les débordements éclatèrent en octobre et se reproduisirent en novembre. Beaucoup d’autres rivières, comme la Seine, le Doubs, la Loire, la Moselle, ne débordèrent guère qu’après le Rhône et la Saône. On connaît même quelques contrées, notamment le Roussillon et le Lauraguais, dont les inondations ne survinrent, par suite du retard des pluies, qu’à la fin de novembre ou dans le dernier mois de l’année. 

     

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