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    Les grandes sécheresses en France (2) dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES secheresse-150x150

     

    D’après des extraits de la monographie imprimée
    « Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
    du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

    Grandes sécheresses des contrées du nord

    Ier siècle

    - Tacite signale la sécheresse inouïe de l’an 70. L’eau manquait dans le nord de la Gaule, et le Rhin était à peine navigable.

    IVe siècle

    - La sécheresse de l’été 357 permit de traverser le Rhin à gué.

    IXe siècle

    - La sécheresse extrême de l’été 872 détruisit presque tous les fruits.
    - La longue sécheresse de l’été 874 consuma les foins et les blés. Cette cruelle sécheresse succéda à un hiver rude et prolongé, remarquable par la masse prodigieuse des neiges.

    Xe siècle

    - L’excès de sécheresse du printemps de 989 empêcha les premières semences.

    XIe siècle

    - En 1053, une sécheresse opiniâtre brûla les terres dans le pays de Caux.

    XIIe siècle

    - L’extrême sécheresse de 1134 fit manquer l’avoine, l’orge et les légumes.
    - Au commencement d’octobre 1198, Philippe de Souabe, dans ses démêlés avec Othon, arrivant sur les bords de la Moselle, en trouva les eaux plus basses qu’elles ne l’avaient été depuis des siècles.

    XVIIe siècle

    - En mai 1672, la sécheresse avait tant baissé les eaux de l’Yssel et du Rhin, que ce dernier était guéable sur un bras en plusieurs endroits, ce qui en permit le passage à l’armée de Louis XIV le 5 juin suivant.

    XVIIIe siècle

    - L’été de 1705 à Paris, ne donna presque pas de pluie. L’année entière n’en produisit guère que les deux-tiers de la quantité moyenne. Lyon participa de cette sécheresse, il n’y plut aussi que très peu pendant l’été.
    -
    La sécheresse de 1723 surpassa à Paris celle de toutes les années observées. On n’y recueillit que 207 millimètres d’eau, un peu plus du tiers de la moyenne annuelle. Au mois d’avril notamment, il ne tomba que 2 millimètres, la Seine descendit plus bas qu’en 1719. Le midi de la France jouit, au contraire, durant ce printemps, de pluies abondantes.
    - Les pluies de Paris, en 1731, n’excédèrent que de 38 millimètres la quantité tombée en 1723. Le ciel conserva la plupart du temps une sérénité extraordinaire. La Seine s’abaissa à un tel point qu’elle n’était plus navigable. Son niveau marqua, le 23 octobre, 149 millimètres au dessous des basses eaux de 1719. C’est un des plus grands abaissements jusqu’à cette époque.
    - Il fit encore très sec à Paris en 1754, principalement en hiver et au printemps. On n’y mesura dans l’année que 372 millimètres, au lieu de 530 millimètres. Le niveau du fleuve descendit le 7 octobre, au niveau zéro de l’échelle de 1719.
    - La sécheresse de 1781 régna au printemps et en été. Sa durée fut de plus de six mois. Elle succéda immédiatement à une tempête furieuse qui eut lieu le 27 février, et elle persista, sauf quelques courtes pluies, jusqu’au milieu du mois de septembre. Cette sécheresse, accompagnée de chaleurs, rendit l’année très précoce et très fertile. Il ne tomba que 367 millimètres d’eau, et le nombre des jours pluvieux, ne s’éleva à Paris et dans les régions du nord, qu’à 91 au lieu de 150.
    -
    L’été de 1800 fut extrêmement sec. Cette sécheresse commença le 15 juin, elle s’accrut le 23, et continua ainsi opiniâtrement, à part quelques courtes pluies, jusqu’au 13 août. Du 5 juin au 18 août, le P. Cotte ne recueillit, à Montmorency, que 26 millimètres d’eau, dont plus de la moitié provenait encore d’un seul orage. Pendant près de deux mois, les vents dominants vinrent du nord et surtout du nord-est. Le ciel resta presque constamment serein. La plupart des mares tarirent, les sources se desséchèrent et beaucoup de végétaux périrent. La Seine se trouva, le 20 août à 176 millimètres plus bas que le zéro de l’échelle de 1719. Cet abaissement surpassa toutes les mesures observées depuis soixante-huit ans.

    XIXe siècle

    - La sécheresse de 1814 se trahit à Paris par 128 millimètres de pluie, et vingt-huit jours pluvieux de moins que dans l’année commune.
    - Celle de 1826 a été notée à Paris, à Rouen, à Metz, à Strasbourg. Elle régna principalement au printemps et en été. Les moyennes annuelles en furent partout affectées. Les pluies de cette année indiquèrent 21 millimètres et le nombre des jours pluvieux, vingt-deux au-dessous de la quantité ordinaire.
    - La sécheresse alla plus loin en 1834. A Paris, elle domina pendant les trois premiers mois de l’année, se soutint durant le printemps, malgré quelques interruptions passagères, et redoubla dans les mois d’été jusqu’aux averses diluviales de la nuit du 19 au 20 août. La sécheresse reprit aussitôt après et persévéra, quoique avec moins de suite, jusqu’à la fin du mois de novembre. Rouen, Metz, Strasbourg, Nantes, ressentirent cette sécheresse. Les pluies du printemps, de l’été et de l’automne y montrent, comme a Paris, un chiffre fort inférieur à la mesure moyenne.

     

  • 2 commentaires à “Les grandes sécheresses en France (2)”

    • Catherine G. on 10 mai 2011

      Bonjour
      Comme beaucoup de personnes en ce moment, je cherche à savoir si des sécheresses avaient déjà existé en France, hormis celle de 1976 dont tout le monde parle.
      Je suis tombée par hasard sur votre article, et je m’aperçois qu’en l’an 874, la sécheresse avait consumé les foins et les blés, et ceci après un hiver particulièrement neigeux. Un peu comme cette année 2011.
      Le réchauffement climatique était-il déjà en marche à cette époque ?

    • Gérard Balutaud on 7 août 2011

      Bonsoir,
      Le réchauffement de la planéte ou son refroidissement existe depuis des millénaires. ce sont plutôt certains groupes de personnes qui ne cherchent pas à savoir et à voir plus loin que le bout de leur nez qui racontent n’importe quoi.
      Deux ou trois degrés au dessus (ou au dessous) des normales saisonniéres, montée des eaux, etc, normales saisonniéres? Vu l’âge de la terre qu’est ce que ça veut dire?
      En Charente et sans doute dans d’autres lieux, les régistre des paroisses signalent que dans les années 1705/1706 il n’avait pas plu de Janvier à Juillet, que la disette entrainait des milliers de morts aussi bien les humains que le bétail.
      Il y a aussi l’inverse, l’hiver 1709 a été un des plus rude, je crois qu’a Paris le thermométre est descendu à -25, pluie, neige, verglas.
      Le condensé de l’article ci dessus résume trés bien cette variation de climatologie et certains feraient bien de s’en inspirer avant de raconter des inepties.

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