•  

     

    Les grands hivers en France (3) dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES paysagedhiver2-150x150

     

    D’après des extraits de la monographie imprimée
    « Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
    du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

    Les grands hivers dans les contrées du midi

    Ve siècle

    - En 400, le Rhône gela en Provence dans toute sa largeur.
    - En 460, le Var gela aussi entièrement. 

    VIe siècle

    - L’hiver de 566 fut très rigoureux. La grande quantité de neige empêcha de voir la terre pendant plus de cinq mois. L’intensité du froid fit périr beaucoup d’animaux.

    XIe siècle

    - En 1003, l’hiver fut plus long que de coutume.

    XIIe siècle

    - L’hiver de 1133 gela de nouveau le Rhône, ainsi que le vin dans les caves.

    XIIIe siècle

    - Celui de 1213 fut si long et si rude qu’avant et après la Noël, la Vienne, gelée à trois reprises, put être traversée sur la glace.
    - Le Rhône était encore gelé en 1216.

    XIVe siècle

    - Il gela encore en 1323.
    - La gelée de 1334 arrêta tous les fleuves de l’Italie et de la Provence.
    - Une quantité prodigieuse de neige tomba en Provence pendant l’hiver de 1358. Ce rude hiver succéda à des pluies et à des inondations désastreuses.

    XVe siècle

    - L’hiver de 1460 gela le Rhône.
    - La rigueur du froid de 1475 tua les oliviers du Languedoc.
    - L’hiver de 1490 fut un des plus âpres dont on eût entendu parler. Il s’y joignit une si furieuse tempête, que les habitants de Marseille ne purent sortir de leurs maisons pendant deux mois.
    - Le Rhône gela de nouveau en 1493.

    XVIe siècle

    - Le froid de 1506 ou 1507 gela complètement le port de Marseille, et fit périr un grand nombre d’hommes et d’animaux. Il tomba en outre dans cette ville, le jour des Rois, 974 millimètres (3 pieds) de neige. La masse des neiges de cet hiver protégea heureusement les arbres et les semences.
    - Le 11 décembre 1568, les charrettes traversent le Rhône. La débâcle de ce fleuve n’a lieu que le 21.
    - En 1594, la mer gèle sur les côtes de Marseille.
    - Le froid de 1600 débuta à la fin de novembre 1599 et se prolongea jusqu’à la fin de mai suivant. Sa rigueur fut telle, qu’il tua une multitude de bestiaux et presque tous les arbres fruitiers.

    XVIIe siècle

    - L’hiver de 1601 tua presque tous les oliviers.
    - En 1603, les charrettes traversent le Rhône sur la glace.
    - L’hiver de 1638 ne causa pas moins de dommages que celui de 1600. Le port de Marseille gela autour des galères.
    - En 1680, le froid tue tous les oliviers.

    XVIIIe siècle

    - Le froid de 1726fut excessif sans être long à Montpellier et à Marseille. Il y tua beaucoup d’orangers.
    - En 1745 et 1748, le froid de l’hiver atteignit -10° au mois de janvier dans la région des oliviers. Beaucoup de ces arbres périrent.
    - L’hiver de 1755 produisit un froid excessif dans le centre et dans le Midi. Ce froid fut beaucoup moins intense dans le Nord. Le Rhône gela à Arles et à Avignon au point de permettre aux charrettes de le traverser. Ce fleuve cessa de même d’être navigable à Lyon dans la première quinzaine de janvier. Des thermomètres exposés à l’ombre et à l’air marquèrent dans cette dernière ville le 17 janvier, -20° et -21°1. A Arles, un autre thermomètre serait descendu dans un cabinet situé au midi, si l’on en croyait des rapports suspects, au degré énorme de -27°5. Les observations exécutées à Montpellier méritent plus de confiance. Le froid se déclara ici tout d’un coup le 5 janvier, par un vent de nord-ouest assez violent. Il dura jusqu’au 7 février presque sans interruption : sur 33 jours, on en compte 25 d’une très forte gelée. Les quinze derniers jours donnèrent tant de neiges qu’elles s’élevèrent dans les rues à la hauteur de 438 et 649 millimètres (un pied et demi à deux pieds). Les jours les plus froids furent le 7, le 28 janvier, le 1er et le 5 février à -8°7.

    La rigueur de cet hiver se propagea à Nîmes et a Toulouse. A Nîmes, le froid atteignit -11°2 le 7 janvier. Des neiges tombèrent à plusieurs reprises durant ce mois. Les gelées se prolongèrent jusqu’au 8 février. Le dégel commença ce jour-là, au milieu de petites pluies. Le froid, à Toulouse, marqua -11°9.Marseille, si près d’Arles, n’éprouva que -5°1 le 7 janvier. Sauf cette exception, le Languedoc et la Provence, tout couverts de frimas, avaient encore les premiers jours de février, au témoignage de La Condamine, l’aspect du sommet des Cordillères du Pérou.

     

    - Des neiges et un froid extraordinaires régnèrent les trois premiers mois de 1779 dans les régions du Midi et du centre seulement. Viviers, dans le Midi, essuya alors 21 jours de gelée et un froid de -8°2 le 16 janvier. Dans le Nord, au contraire, l’hiver de cette année resta extrêmement doux.

    XIXe siècle

    - En janvier 1802, le Midi essuya un froid de -10°3.
    - L’hiver de 1811 maltraita beaucoup les oliviers. Sa rigueur fit périr, en outre jusqu’au sol, les orangers des jardins d’Hyères. Il sévit principalement durant le mois de janvier. Le 1erde ce mois, le thermomètre s’abaissa à Avignon à -5°. Le 3, au lever du soleil, -8°7, et -9°3 à six heures du soir. Le dégel survint le jour d’après par un vent du sud-est très léger. Le froid se réveilla vers la fin du mois et atteignit encore, le 27, -7°5. Les régions du Nord en souffrirent moins que les contrées du Midi.
    -
    Le Midi eut encore un hiver très rigoureux de 1821 à 1822. Cet hiver y fit périr une grande quantité d’oliviers.
    - Le froid de 1838 ne fut pas moins rude, s’il est vrai, comme monsieur Puvis l’assure, que le thermomètre s’abaissa, dans le département de l’Ain, jusqu’à -25°. Son excessive intensité tua tous les mûriers de ce département. D’autres, où sa rigueur fut moindre, perdirent pourtant beaucoup de jeunes vignes.

     

    - En 1841, le froid et les neiges remplirent les contrées du Midi et du centre. Les régions du Nord en souffrirent beaucoup moins. Ce froid rigoureux n’éclata guère que vers la Noël, il s’accompagna partout d’abondantes neiges. A Marseille, le thermomètre s’abaissa brusquement à -5° à la fin de décembre. Les gelées continuèrent ensuite, et se prolongèrent presque sans interruption pendant les quinze premiers jours de janvier. Elles marquèrent au maximum -6° et -8°. Le froid éclata brusquement aussi, après le solstice d’hiver, à Lunel et à Toulon, dans le reste du Languedoc et de la Provence, en s’accompagnant également de torrents de neige. Il s’exaspéra les jours suivants comme à Marseille, pour arriver vers la même époque à son apogée.

    Au centre de la France, le froid n’était pas moins intense, ni la neige moins considérable, car la Saône se prit à Lyon, ainsi que la Garonne à Bordeaux.

    Mais le principal trait de l’hiver de 1841, c’est la grande masse de neige, surtout dans le centre et dans le Midi. Paris en eut dès le 15 novembre, ensuite le 17 et le 19. Elle fut plus tardive dans les provinces du centre et du Midi, où il n’en parut guère qu’à la fin de l’année. En revanche, elle s’y montra bien plus abondante. Les routes et les passages en furent encombrés. Telle était sa quantité, que les courriers de Paris à Marseille s’égarèrent pendant quarante-huit heures, que ceux du département du Lot ne purent circuler et que les dépêches de Paris à Alby manquèrent trois tours de suite. On a estimé sa profondeur, dans quelques vallées du Dauphiné et du Roussillon, à plus de cinquante ou soixante centimètres. Des avalanches réitérées portèrent dans beaucoup d’endroits, par exemple dans le village de Servières, en Auvergne, et à Barège-les-Bains, la ruine et la désolation. Ces neiges s’amoncelèrent par des chutes successives pendant les trois premiers mois de l’année.

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso