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    Des changements dans le climat de la France (1) dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES paysagedhiver-150x150

     

    Le but de cette série d’articles sur l’évolution climatique en France n’est absolument pas d’entamer des polémiques entre les défenseurs et les détracteurs de la théorie du réchauffement climatique, de disserter sur les prévisions alarmistes ou pas, sur le rôle joué ou pas par l’homme, ou sur l’origine des catastrophes naturelles.

    Ce soin est laissé aux spécialistes et experts, qui analysent, étudient, scrutent, sondent, etc…

    Mais, même novice, on peut se demander si des événements tels que la tempête Xynthia de février 2010, celles de janvier et février 2009, celles de décembre 1999, avaient déjà eu lieu sur notre territoire. Tout le monde parle aussi de la canicule de 2003, voire de celle de 1976, ou des épisodes neigeux de l’hiver 2009-2010, ou du verglas et du froid de l’hiver 1956. Alors, y a-t-il eu des événements climatiques tout au long de l’histoire de France ?

    La découverte de cette monographie a été une aubaine : on peut, en effet, constater qu’en 1845, les spécialistes de l’époque, se posaient déjà des questions sur l’évolution climatique en France. Il est bien évident que les moyens et les connaissances de 1845 n’ont rien à voir avec la science de 2010, mais la constatation des événements était là.

    Nous commencerons par les généralités, puis nous verrons en détail chaque catégorie d’événements.

     

    D’après des extraits de la monographie imprimée
    « Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
    du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

    Du climat de la Gaule jusqu’au VIe siècle

    Le climat de la France a changé et change journellement. La nature et l’homme travaillent sans relâche et en commun à hâter ces changements. On douterait mal à propos de leurs efforts infatigables. Le ciel, la terre et les eaux en conservent à chaque pas, des témoignages non équivoques. Tous les climats ont changé et changent comme le nôtre : c’est l’expression d’une loi sans exception, elle ne comporte dans sa manifestation générale que des différences de forme ou de quantités. Quand tout change et se renouvelle à la surface du globe, pourquoi les climats ne changeraient-ils pas ?

    La Gaule, au temps de César, avait un climat très rigoureux. Les commentaires parlent souvent de sa rigueur. Plus froide que la Bretagne, ses hivers étaient précoces, d’une âpreté excessive, chargés de frimas. L’abondance des neiges interceptait les communications entre les peuples du centre. Ils étaient insupportables aux soldats romains et accablants même pour les indigènes. Les lettres de Cicéron à son ami Trebatius et à Quintus son frère, attachés l’un et l’autre au service de César dans les dernières années de la conquête, accusent aussi, sous diverses formes, l’extrême dureté de ce climat. Le discours sur les provinces consulaires le présente, en plein sénat, comme un des plus rudes.

    Diodore de Sicile, contemporain de César, en définit mieux la rigueur. La Gaule, suivant lui, a des hivers longs et d’un froid excessif. Dans les temps couverts, il y tombe de la neige au lieu de la pluie, et quand le ciel est serein, il y gèle avec tant de force que les fleuves se prennent, durcissent et se forment à eux-mêmes une sorte de pont. La glace est si épaisse qu’elle porte non seulement quelques voyageurs, mais qu’elle permet encore, en toute sûreté le passage des armées avec leurs bagages et leurs chariots. Toutes ses rivières navigables, sans en excepter le Rhône, gèlent aisément, et se changent par ce moyen en un chemin très ferme.

    Des étés très chauds devaient succéder à ces hivers. Leur chaleur desséchait les marais et abaissait le niveau des fleuves. Les Gaulois, accoutumés au froid, s’efforçaient d’y échapper en remplaçant leur casaque (sagus) d’hiver par une casaque plus légère, en recherchant le voisinage des forêts et des fleuves, et en ne bâtissant leurs demeures que dans l’épaisseur des bois. Cependant, ces étés ne duraient point, tandis que les hivers commençaient de bonne heure et, finissaient très tard. On peut conjecturer qu’ils apparaissaient au moins dès le mois d’octobre, car les troupes de César prenaient leurs quartier d’hiver à la fin de septembre, et qu’ils se prolongeaient jusqu’au mois de mai, puisque les Gaulois ne pratiquaient pas plus tôt leurs cérémonies religieuses à l’ombre des forêts.

    D’abondantes pluies accompagnaient les saisons de la Gaule. César, dans ses campagnes, en remarque la quantité et la continuité à plusieurs reprises. Trabon signale le débordement de ses fleuves pendant l’hiver et le printemps. Ces inondations, dit-il, proviennent des torrents qui se précipitent des Alpes, après la fonte des neiges.

    Des vents impétueux bouleversaient la Gaule continuellement. Ils sont indiqués par César, notamment le nord-ouest, comme un vent habituel sur la côte de l’océan. D’après Diodore de Sicile, les vents du couchant d’été (nord-ouest) et ceux du nord, ont coutume de souffler si violemment en divers endroits de la Gaule, qu’ils enlèvent des pierres grosses comme le poing, renversent les cavaliers, dépouillent les hommes de leurs armes et de leurs vêtements. Justin, abréviateur de Trogue-Pompée, dit en général que la Gaule est fatiguée par des vents continuels. Le Circius (ouest nord-ouest, ancien nom du mistral), selon Sénèque, désole la Gaule dont il ébranle les édifices.

    Les vents de la Gaule dégénéraient fréquemment en tempêtes furieuses. César cite beaucoup de ces tempêtes sur les côtes et dans les terres. Il regardait l’océan comme en lutte perpétuelle avec des tempêtes terribles et des vents violents.

    Les tempêtes de l’intérieur ne paraissent pas moindres. Elles étaient en effet si intenses, si ardentes surtout à la fin de l’automne et pendant l’hiver, selon Dion Cassius, qu’on ne parvenait pas à s’y soustraire dans l’épaisseur même des forêts. Ce climat repoussait la culture de l’olivier, du figuier et de la vigne. Diodore dit que la vigne et l’olivier ne pouvaient y croître. Il y ajoute que les Gaulois, entièrement privés de ces produits, suppléaient au vin par la fabrication de la bière et de l’hydromel.

    Le froid de la Gaule commença à se relâcher dès les premières années de l’ère chrétienne. L’accroissement de la température ne profita d’abord qu’au midi, jusqu’au 47ème parallèle. Le nord continua à subir, sans amendement appréciable, toutes les rigueurs du climat primitif. Cet état de choses ne dura pas moins de 300 ans. Le nord ne s’échauffa qu’après ce long intervalle : sa température n’avait pas encore beaucoup gagné à la fin du IIIe siècle.

    Lorsqu’en l’an 281, l’empereur Probus autorisa la plantation des vignes dans la Gaule, la Pannonie (territoire de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie) et la Mœsie (territoire inclus dans le nord de l’actuelle Bulgarie, l’actuelle Serbie et une petite partie de la Roumanie), leur culture vint expirer, à ce qu’il parait, sur la rive gauche de la Loire.

    Enfin le nord s’échauffa à son tour. Alors, et alors seulement, la vigne traversa la Loire. C’était l’époque de l’empire de Galère, époque néfaste, où les hommes et les terres gémissaient, écrasés sous le poids des exactions. L’ascension de la vigne vers le Nord, en un pareil moment, n’avait rien à attendre et avait plutôt tout à redouter de l’action des causes commerciales, économiques et sociales. Si elle s’élevait au milieu de tant d’obstacles, c’est que les progrès du climat la poussaient en avant.

    Ce mouvement ascensionnel la porta d’abord à l’ouest sur le territoire de Paris, et plus tard à l’est sur les rives de la Moselle, près de Trèves. Elle était solidement établie dans ces deux contrées à la seconde moitié du quatrième siècle. Le figuier, plus délicat, s’éleva avec la vigne. Il réussissait aussi dès lors abondamment à Paris, grâce à la précaution de l’empailler.

    Plusieurs traits du climat de Lutèce conviennent au climat actuel de Paris, à l’époque où nous écrivons. On y cultive la vigne en grand, et les figuiers n’y viennent bien qu’en les empaillant. Le nord de la Gaule, dès le IVe siècle, était donc aussi chaud que le nord de la France actuelle. D’autre caractères semblent même le faire beaucoup plus chaud : les blés étaient déjà mûrs au solstice d’été de Sens à Reims en l’an 356, d’après Julien.

    Le Ve siècle ne changea pas ces conditions climatiques. Notre climat mit 500 ans à s’échauffer, d’un bout à l’autre, de proche en proche. Ce n’est qu’au terme de cette longue période que son adoucissement fut général. Ici, éclate un remarquable contraste.

     

    A suivre …

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