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  • 28 février 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le bataillon perdu de Biffontaine (88) dans GUERRE 1939 - 1945 cartebiffontainelostbattalion-150x1501944-150x150 dans GUERRE 1939 - 1945plaque-150x150soldatsforet-150x150monumentcommemoratif-150x150100thinfantrybattaliontraining-150x150

     

    Les « Nisei » du 100e Bataillon / 442e R.C.T dans les Vosges en 1944

     

    Alors que le front se stabilisait, suite à un carence logistique en carburant et en armement, le 100ème Bat/442èmeRCT (Regimental Combat Team) réalisa la périlleuse mission de percer le massif des Vosges. Il libéra le passage stratégique de Bruyères, puis Biffontaine et poursuivit son offensive vers Saint-Dié.

    Cette suite d’actions permit à la 36ème Division US de traverser les Vosges d’Ouest en Est et de contraindre l’ennemi à une retraite précipitée.

     

    Historique du 100ème Bataillon de Combat

    Entre 1890 et 1920, des émigrés japonais s’installent sur le sol américain, principalement dans l’archipel d’Hawaï et sur la côte ouest du continent. Ils étaient appelés « Issei ». Certains de leurs fils, de nationalité américaine mais nommés « Nisei » (signifiant immigrés japonais de seconde génération) servent ensuite dans la garde nationale d’Hawaï, où leur communauté atteint près de 40% de la population.

    Le 7 décembre 1941, l’importante base navale américaine de Pearl-Harbor est attaquée par surprise par l’aviation militaire japonaise. 1432 « Nisei » servent la garde nationale d’Hawaï. Leur loyauté est remise en question et leurs armes leur sont retirées.

    Le 19 janvier 1942, leur statut évolue sous le code 4C « d’ennemis étrangers ». Peu après, 110 000 civils de la côte ouest sont rassemblés dans des camps d’internement entourés de barbelés et gardés par des sentinelles, suite à la circulaire n° 9066 du 19 février 1942 émise par le Président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt.

    Souhaitant affirmer leur loyauté envers leur pays, de nombreux « Nisei » protestent énergiquement avec l’appui de certains politiques. C’est en ce sens que le 5 juin 1942, les soldats de la garde hawaïenne sont transportés discrètement à Oakland en Californie puis à Camp McCoy dans le Wisconsin où ils sont militairement entraînés.

    Le 6 janvier 1943, le bataillon est transporté à Camp Shelby pour réaliser des manoeuvres. Leur loyauté est toujours mise à l’épreuve, jusqu’à la lecture de leur courrier personnel. Le 28 janvier 1943, suite à la démonstration de patriotisme du 100èmeBataillon, le président des Etats-Unis et les services de l’armée américaine annoncent qu’ils vont former un groupe de combat exclusivement composé de membres issus de cette communauté nippo-américaine.

    Le 10 mai 1943, c’est plus de 3 000 insulaires d’Hawaï et 1 500 issus des camps d’internement du continent qui se portent volontaires. Un effort de loyauté considérable envers les Etats-Unis alors que leurs familles sont détenues dans des camps.

    La date de création officielle du 442èmeRCT (Régiment Combat Team) est le 1er mars 1943 par le Président Roosevelt. Au total, 13 000 soldats serviront ses rangs. Le 100ème Bataillon va alors être intégré au 442èmeRCT, en tant que 1er Bataillon.

     

    La bataille de Bruyères et le sauvetage du « Bataillon perdu »

     

    Composé de 4000 hommes, le 442èmeRCT commence la guerre en Italie et se fait aussitôt remarquer par la bravoure et l’honneur de ses hommes. L’unité va subir de nombreuses pertes.

    En octobre 1944, en France, il est rattaché à la 36ème Division d’Infanterie Américaine pour préparer une attaque stratégique – objectif divisionnaire – sur Bruyères dans les Vosges. Géographiquement, cette ville est établie sur un lieu de passage important et sa prise est indispensable pour libérer le secteur. Les régiments de cette division sont éprouvés par de nombreux jours de combat sans repos depuis leur débarquement en Provence le 15 août 1944 et la campagne des Vosges fait rage. Le 442èmeRCT est sollicité pour la majeure partie de cette mission.

    Les prévisions de l’Etat-major allié se confirment à l’issue de la bataille : la ville de Bruyères et ses environs sont sécurisés avec un héroïsme sans égal par le 442èmeRCT, mais au prix de très nombreuses pertes.

    Le combat se poursuit mais, lors d’une avancée, le 1er Bataillon du 141e Régiment d’Infanterie US est encerclé et voué à un anéantissement probable.

    Une nouvelle fois, le 442èmeRCT est sollicité pour assurer cette mission jugée difficile. Le régiment d’élite va réussir cette mission avec, une fois de plus, de nombreuses pertes. Cette mission de sauvetage sera l’une des plus sanglantes de l’histoire de l’armée américaine.

    Les pertes dans les Vosges pour le 442ème RCT se chiffrent à : 

    • 822 hommes du 6 au 31 octobre 1944

    125 tués
    639 blessés au combat
    18 blessés sur l’arrière
    40 disparus

    • 275 hommes en novembre 1944

    47 tués
    217 blessés au combat
    8 blessés sur l’arrière
    3 disparus

     

    Le courage et la volonté des hommes du 442eRCT ont permis à ce régiment d’être aujourd’hui le plus décoré de l’armée américaine sur un temps de service aussi court et sur un effectif aussi réduit.

    Le Comité Historique Militaire de l’Armée des Etats-Unis d’Amérique déclarera ultérieurement que la relève du Bataillon Perdu de Biffontaine fut l’un des dix accomplissements les plus exceptionnels de toute l’histoire militaire de ce pays.

     

     

    Deux films rendent hommage au 442ème RCT. Il s’agit du film  »Go for Broke » (Année 1951) et du film   »Only the Brave » (Année 2006).

     

     

    Pour la description intégrale de la bataille de Bruyères, et du sauvetage du bataillon perdu, rendez-vous ici .

    Un premier site (anglais) consacré aux derniers vétérans « Nisei », ayant participé au sauvetage du « Lost Battalion » et un second (anglais), toujours pour conserver la mémoire.

     

    Le 13 juillet 2009, la commune de Biffontaine a accueilli les six derniers vétérans du 442ème RCT et une cérémonie a eu lieu en leur honneur au campement de la Borne 6, dans la forêt de Biffontaine.

    http://www.dailymotion.com/video/x9v0az

  • One Response à “Le bataillon perdu de Biffontaine (88)”

    • Henri Boegler on 4 janvier 2011

      Je me permets d’espionner et copier vos écrits, si vous le permettez, qui relate bien cet événement dans un blog que j’offre aux habitants de Biffontaine, pour que nous prennions bien conscience du courage de ces hommes.
      Nous avons le devoir de dire que c’est du bonheur de pouvoir, en leur serrant la main, regarder dans les yeux ces héros ou leurs familles venus de si loin .
      Merci d’avance
      Cordialement
      Henri Boegler

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