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  • 14 février 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Qu’a-t-on appelé la « journée des harengs » ? dans LE SAVIEZ-VOUS ? charlesvii-150x150

    La « journée des harengs » est une bataille qui s’est déroulée le 12 février 1429 près de Rouvrai-Saint-Denis, entre les Français et les Anglais, en marge du siège d’Orléans.

    D’après la monographie imprimée « Histoire de France » de Louis-Pierre Anquetil – Edition 1822.

    Période du roi de France Charles VII – La guerre de Cent Ans.

     

    [...] Pendant ces brouilleries, Français et Anglais n’en combattaient pas avec moins d’ardeur dans les endroits où ils pouvaient se rencontrer. Les habitants du Mans s’étaient débarrassés des Anglais, et les avaient relégués dans une tour : Talbot, général célèbre, rétablit ses compatriotes dans la cité, et s’empara de Laval. D’un autre côté, Tournai se déclara, pour le roi, et la Charité-sur-Loire tomba entre les mains des Anglais. Par la distance des lieux où se portaient les efforts de la guerre, on peut voir combien les troupes ennemies étaient mêlées, et juger combien les contrées intermédiaires souffraient de leur passage. D’ailleurs les pertes et les succès ne terminaient rien. Ce qu’on perdait d’un côté, on le recouvrait de l’autre, c’était toujours à recommencer. Las de ces vicissitudes, le duc de Bedford projetant de frapper un grand coup et un coup qui serait décisif, se détermina à passer enfin la Loire, et à aller au delà de ce fleuve conquérir le pays d’où Charles VII tirait ses principales forces.

    Orléans était la ville qui convenait le mieux aux Anglais pour le passage, et pour la retraite en cas de fâcheux événement quand ils seraient au delà de cette rivière. Bedford la fit assiéger par Montagu, comte de Salisbury, qui venait de lui amener d’Angleterre un puissant secours. La ville n’était ni assez fortifiée, ni suffisamment garnie de gens de guerre. Mais elle avait, pour ressource préférable à la solidité des remparts et aux phalanges nombreuses, la valeur de ses habitants et leur inébranlable fidélité pour le souverain légitime. Gaucourt y commandait, et Xaintrailles, La Fayette, Graville et autres braves qui s’étaient jetés dans la place, inspiraient aux moindres soldats toute l’ardeur qui les animait.

    Salisbury plaça son camp du côté de la Sologne, afin d’attaquer directement le pont, dont la prise devait entraîner celle de la ville. C’était sur la fin de l’automne. Les bourgeois fortifient à la hâte un petit château qui le couvrait, et qui était flanqué de tourelles délabrées. L’Anglais foudroie château, tourelles, murailles avec une nombreuse artillerie, creuse des mines, livre des assauts, présente l’escalade. Les habitants, guidés par les capitaines arrivés à leur secours, s’enfoncent dans les mines, y combattent corps à corps, comblent les travaux, renversent et brisent les échelles, font rouler des pierres énormes sur les assaillants, lancent sur eux des feux, et les inondent d’eau bouillante. Les femmes fournissent l’eau et les feux d’artifice, amènent les pierres, présentent les rafraiclassements, pansent les blessés sur la brèche, et les emportent. On en vit même combattre, la pique à la main, dans les premiers rangs.

    Il y eut, dès le commencement du siège, plusieurs assauts semblables. Les Anglais y perdaient à la vérité beaucoup de monde. Mais ils avançaient, et leurs progrès, quoique lents, leur promettaient à la fin la victoire lorsqu’ils furent arrêtés par une foule de braves que le roi de Bourges envoya au secours des assiégés. L’histoire compte entre les plus distingués Dunois, La Hire et Chabannes, qui menaient huit cents hommes d armes.

    D’attaqués qu’étaient les Orléanais, ils devinrent assaillants. Ils hasardaient de fréquentes sorties pour faire entrer des vivres. C’était de tous les besoins le plus pressant, parce que la ville s’étant trouvée mal pourvue dès le commencement, l’accroissement des troupes qui arrivaient successivement faisait craindre la famine. Les Anglais, instruits de cette détresse, tournèrent le siège en blocus. Ils s’éloignèrent à petite distance, et enveloppèrent la ville de tranchées, soutenues de redoutes, pour fermer le passage aux convois. Le roi venu à Chinon pour veiller de plus près aux besoins des assiégés, en fit cependant pénétrer un, qu’il se préparait à faire suivre d’un autre, lorsqu’il apprit que les Anglais, ne pouvant tirer des vivres d’un pays ruiné, en faisaient venir de Paris sous escorte.

    Prévenus de ce dessein, les assiégés d’Orléans, et un corps de troupes qui voltigeaient au dehors sous le commandement du comte de Clermont, se donnent rendez-vous sur le chemin du convoi. Dunois et ses compagnons passent à travers les lignes formées par les Anglais, et réunies à Clermont, ils se trouvent environ quatre mille hommes près de Rouvrai-SaintDenis, petite ville de Beauce. Le convoi paraît. L’escorte n’était que de deux mille cinq cents hommes. Elle se range derrière ses chariots. L’artillerie des Français les fait voler en éclats. Il ne fallait pas d’autre genre d’attaque pour vaincre sans coup férir, mais l’impétuosité écossaise, qui avait fait déjà perdre la bataille de Verneuil, où le connétable Jean Stuart, comte de Buchan, paya sa témérité de sa vie, fut également funeste dans cette circonstance.

    Le connétable d’Ecosse, Jean Stuart Durnley, et Guillaume son frère, neveu du premier roi d’Ecosse de leur maison, se jettent, à la tête de leur corps, dans la brèche faite par le canon. Clermont est obligé de faire cesser son feu, de peur de tirer sur les siens. Les Anglais déjà en désordre reprennent courage. Pendant que les Français se précipitent tumultuairement dans les retranchements, pour raffermir les Ecossais qui se troublaient, les archers de l’escorte, montés sur leurs chariots, dirigent sûrement leurs traits contre cette troupe amoncelée. Hommes et chevaux serrés, percés comme à Verneuil, ont le même sort. Tous fuient. Dunois et ses compagnons non moins braves sont entraînés comme les autres.

    On nomma cette déroute la « journée des harengs », parce que, comme on était dans le carême, le convoi était composé en grande partie de cette provision. Il resta à peu près cinq ou six cents, tant Français qu’Ecossais, sur le champ de bataille : perte peu considérable si on la compare à ses effets, c’est-à-dire, au découragement que cette déroute jeta dans le parti royaliste [...].

  • One Response à “Qu’a-t-on appelé la « journée des harengs » ?”

    • Pascale Hauden on 20 février 2011

      Je lis votre site pour me documenter sur ma région et aussi pour satisfaire ma curiosité pour l’histoire locale.
      Je réside à Laveline devant Bruyères et malheureusement, le lien sur les gentilshommes de Laveline est invalide.
      Si vous pouviez me communiquer l’adresse de ce lien ou un site qui le concernent?
      Merci de votre réponse et continuer… C’est super.
      P. Hauden

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