• 24 janvier 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Albert 1er et la Lorraine dans GUERRE 1914 - 1918 roialbert1erpendantlaguerre-150x150albert1ervisiteaufront-150x150 dans PAGES D'HISTOIREalbert1erroidelhonneur-150x150monumentnancy-150x150monumentalbert1ermetz-150x150roialbert1ermedaillemilitaire-150x150

    Confronté à la première guerre mondiale, et à la violation de la neutralité de son territoire par les troupes allemandes, Albert 1er se porta naturellement à la tête de son armée (environ 100 000 hommes). Mais, rapidement débordée par l’éxécution du plan Schlieffen, l’armée belge engagea la retraite avec notamment l’aide des héroïques fusiliers marins de l’amiral Ronarc’h. Elle se consolida derrière la barrière naturelle, de l’Yser d’une part, et d’autre part, derrière l’étendue d’eau artificielle créée par l’ouverture des vannes sur les polders (Octobre 1914). Le roi et la reine s’installèrent dans une villa à La Panne à l’abri des dunes, pour quatre ans.

    Soucieux de son rôle de chef de l’armée, le roi quitta rarement les cantonnements belges, sinon pour de courtes visites sur le front allié.

    Dans ses carnets de guerre, présentés par Marie-Rose Thielemans, Albert 1erévoque son voyage sur le front de Lorraine du 22 au 25 août 1915. Une grande revue du XXe corps eut lieu à Azelot, puis le roi passa à Lunéville, Einville puis Crévic, Dombasle, Saint-Nicolas-de-Port, puis alla déjeuner au château de Fléville. Il assista ensuite à une envolée de 60 avions au plateau de Malzéville (Commandant Roisin). Il déclara : « Tout l’air en est rempli… C’est un bourdonnement qui fait penser à l’essaim ». Le roi termina enfin par une visite du Grand Couronné (Mont-Saint-Jean, Nomeny), puis par des remises de décorations à des employés de chemin de fer. Il dira : « Ce qui m’a frappé au cours de ce voyage, c’est l’ordre qui règne partout, la belle attitude des troupes, leur discipline, notamment dans la façon de rendre les honneurs, leur excellent moral ».

    Pour terminer la guerre, le maréchal Foch offrit au roi, le commandement du groupe des armées des Flandres, qui eut pour mission de reprendre les Crêtes (30 septembre et 14 octobre 1918). L’armistice mit fin à ces 53 mois de lutte, le 11 novembre 1918.

     

    Depuis cette époque, de nombreux lieux en Lorraine portent le nom de ce souverain : des rues, des places, des monuments. Plus particulièrement touchée par ses profondes attaches avec le royaume de Belgique, la région de Lorraine fut unanime dans la reconnaissance de cette perte que fut la mort accidentelle du roi le 17 février 1934.

    C’est ainsi que, grâce à l’initiative des anciens combattants français et belges de Nancy, se constitua spontanément un comité pour rendre hommage à l’ « immortel souverain » le 14 janvier 1936. Ce comité, qui fut patronné par les plus hautes personnalités, rassembla un président, monsieur Legrand (Fédération nationale des anciens combattants belges) et un conseil, composé de messieurs Delhaize, Chabeaux, Vilain, Didion Rasponi, Tremeau, Bertin, Detremy, Dehousse, Pynnaert et du général Colin.

    Une souscription publique fut lancée en octobre 1934, puis une quête sur la voie publique le 21 juillet 1935. Une remarquable affiche signée paul Doll annonça la journée.

    L’érection du monument fut autorisée successivement par le conseil municipal de Nancy (Juin 1934), par la commission artistique du département (avril 1935) et enfin par le décret du président de la république.

    Le monument mesure 5 mètres de large et 6 mètres de long. Les travaux commencèrent en août 1936. Il fut exécuté entièrement en granit belge, ciselé, layé, provenant de la carrière des Avins (vallée de l’Ourthe), pour un poids d’environ cinq tonnes. Le Lion, les faisceaux de licteurs enrubannés (haches et lances) furent sculptés dans la masse. Les attributs en bronze comportent : l’effigie du Roi Albert 1er, casquée, de trois quarts, auréolée de chêne et de lauriers formant couronne. Le tout sortant de la garde de l’épée, portant la couronne royale sur le pommeau, et un rameau d’olivier sur la lame. Ils sont l’œuvre du célèbre sculpteur Maxime Real del Sarte. Cette partie du monument fut réalisée selon la technique de la fonte à « cire perdue ».

    Les fêtes franco-belges organisées les 3 et 4 octobre 1936, servirent de support à l’inauguration du monument. Elles furent marquées par de nombreux temps forts. Les musiciens du Premier Régiment de Guides (constitué par le Roi Léopold 1eren 1823) défilèrent dans les rues, et donnèrent un gala somptueux le samedi 3 octobre. L’ambassadeur de Belgique, le comte de Kerchove de Denterghem y assista. Le dimanche 4 octobre fut consacré au dépôt de gerbes au monument aux morts du cimetière du sud, et à l’inauguration du monument devant des milliers de Nancéiens. Les discours successifs rappelèrent au public les faits d’armes qui réunirent les combattants belges et français (saillant d’Ypres, le mont Kemmel). Puis monsieur Legrand remit le monument à la ville de Nancy en présence du maire, le docteur Schmitt.

    Monsieur Fleurant, professeur au conservatoire de musique, déclama ensuite le sonnet suivant, œuvre de monsieur Achille Liegeois, rédacteur de presse à l’Est Républicain :

    Le Roi dans un jardin

    Pour le roi, pour le soldat, pour le père.
    Ta gloire et tes lauriers, d’autres les rediront.
    Anvers tombe après Liège, Ostende après Malines
    Sous les coups du destin, jamais tu ne t’inclines.
    Les rois se font soldats quand leur peuple est au front.

    Sire, oublie aujourd’hui tes Flandres orphelines
    Goûte un bonheur paisible et que rien ne corrompt
    Cris d’écoliers, pelouse en fleurs, mamans câlines.
    On berce une poupée, on chante, on danse en rond.

    Jaloux de protéger ton honneur, ta Belgique,
    Le lion de granit fronce un sourcil tragique
    Montant la garde auprès du Droit que tu défends.

    Mais un cher souvenir se mêle à notre hommage
    Nancy dans ce jardin veut consacrer l’image
    D’un père qui sourit aux jeux de ses enfants.

    Un défilé des troupes de la garnison clôtura cette belle cérémonie. Enfin, un banquet fut servi dans les grands salons de l’Hôtel de ville, suivi d’une aubade de la musique belge au kiosque de la Pépinière.

     

    Article extrait de « La Revue Lorraine Populaire » de décembre 1996.

     

  • One Response à “Albert 1er et la Lorraine”

    • Robinet on 16 septembre 2016

      je dispose d’une photo n et b avec un commentaire à l’arrière : »1936-façon du lion de pierre belge du monument Albert 1ier à Nancy
      de face le lion grandeur en plâtre x
      De même je possède un lion de pierre grise sculpté d’un seul bloc dimension 560x150x300, environ 40 kg.
      Avez-vous des informations supplémentaires à me donner?

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