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  • 21 janvier 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     L'appel du 18 juin 1940 dans GUERRE 1939 - 1945 journal23juin1940-150x150degaulleavionpourlondres-150x150 dans GUERRE 1939 - 1945degaullebbc-150x150churchilldegaulle-150x150affichedelondres-150x150

     

    Extraits d’un article paru dans l’encyclopédie « La France contemporaine » – 1971.

    Si, en juillet 1940, l’on avait demandé aux Français quel jour entrerait le plus sûrement dans l’Histoire, bien peu auraient répondu : le 18 juin. Ce jour-là, un homme parle à Londres, il est seul. Ses alliés, les techniciens de la B.B.C, prêtent si peu d’attention à son texte, qu’aucun enregistrement de cet appel, sur lequel va être fondée une légitimité, n’est fait.

    L’histoire du 18 juin, c’est l’histoire de la rencontre de deux volontés. Ce n’est certes pas diminuer la gloire de Charles de Gaulle, que d’affirmer que Winston Churchill tint un rôle considérable dans les débuts de la France libre et de son chef.

    L’Angleterre, historiquement, a l’habitude de la solitude et de ces longues guerres gagnées, en grande partie, à coups d’alliés. Dans le désastre de 1940, on la voit immédiatement rassembler sur son sol, les miettes de ces armées et de ces gouvernements dont, jusqu’alors, elle s’était enveloppée et protégée. Tout fera masse.
    Cent pilotes polonais et tchèques, c’est peu, mais c’est beaucoup pour la future bataille d’Angleterre et il n’y a pas un bateau marchand ou militaire (belge, norvégien, hollandais, français) qui ne compte pour la bataille de l’Atlantique. Les territoires d’Afrique ou d’Asie sont également importants et, dès le 27 mai, avec sa terrible lucidité, Churchill a écrit à l’amiral Keyes qui se trouve en Belgique où tout s’effondre : « Je compte sur vous pour vous assurer qu’il (le roi Léopold) partira avec vous par avion avant qu’il ne soit trop tard… Il est d’une importance vitale que la Belgique continue la guerre et la sécurité de la personne du roi est essentielle ».

    S’il est vital que la Belgique continue la guerre, que dire de la France ?
    Dans la première quinzaine de juin, Winston Churchill, tout en refusant d’engager les appareils de la Royal Air Force au profit des Français, harcèle Reynaud, importune Weygand, tisonne chez Pétain les souvenirs de la victoire ancienne. Il ne cesse de regarder autour de lui, de chercher de l’œil un homme décidé, celui qui refusera la défaite. En Touraine, à Bordeaux, son envoyé le général Spears, sollicite les uns et les autres, essuyant sans se lasser, refus après refus.

    Dans la nuit du 16 au 17 juin, alors que les Allemands foncent vers la Bretagne, Churchill, infatigable, décide même de partir sur un croiseur pour Concarneau. Il s’agit, à l’initiative de Charles de Gaulle, de discuter avec Paul Reynaud du projet d’union franco-britannique hâtivement élaboré dans la matinée et dont Churchill pense qu’il a un caractère assez dramatique pour maintenir les Français dans la lutte. Il se trompe et un de ses secrétaires le rattrape à la gare de Waterloo alors que le train démarre : Reynaud vient d’offrir sa démission.

    Reynaud ne viendra pas à Londres, ni Mandel, ni Daladier, ni Herriot, ni Marin, ni aucun de ces parlementaires qui s’agitent encore à Bordeaux, et dont le crédit est au point le plus bas, ni aucun de ces généraux vaincus, à la recherche d’armées éparpillées.

    Alors, de Gaulle.Ce n’est un inconnu, ni pour Churchill, ni pour Spears. Le Times du 7 juin, annonçant son entrée dans le gouvernement Reynaud, l’avait présenté ainsi : « Puissamment théoricien, apôtre de l’emploi massif du char, il est d’esprit clair, lucide, homme d’action aussi bien qu’homme de rêve et d’abstraction ».

    Chargé par Reynaud des liaisons avec les Anglais, de Gaulle était à Londres le 9 juin. Spears note immédiatement qu’il fait bonne impression à tous. Froid, concentré, parfaitement silencieux, il plaît à ces Anglais irrités par les paroles abondantes, les gestes ronds et tout ce vent d’où ne naît que défaite. Le 12 juin, Churchill, qui a dîné la veille avec lui à Briare, le trouve jeune, énergique, et pense que, tout s’effondrant, Reynaud, auprès de qui de Gaulle joue depuis longtemps un rôle important, lui donnera le commandement suprême.
    Le 13 juin, descendant l’escalier de la préfecture de Tours, Churchill aperçoit debout dans l’encadrement de la porte, impassible, le regard absent. Je le saluai, ajoute Churchill, et lui dis à voix basse, en français : « L’homme du destin ». Il ne broncha pas. Charles de Gaulle nia avoir entendu cette phrase prophétique. « Non, je n’ai pas entendu. Vous savez, Churchill, c’était un romantique. Ce qui est vrai, c’est que nous nous étions « accrochés » tout de suite à Londres d’abord, à Briare ensuite, puis à Tours ».

    L’ « accrochage » continuera, les « accrochages » viendront. Mais il est essentiel de noter que Churchill et de Gaulle sont faits l’un pour l’autre et qu’à travers la débâcle, la décomposition des esprits, le désastre des armes, ils se reconnaissent pour être de la même race, la race de ceux qui ne désarment jamais et voient toujours plus loin.

    De Gaulle a décidé de ne pas accepter la défaite. Encore faut-il, puisque la France cède sous ses pieds, une plate-forme à sa volonté, une base pour son action. Tout naturellement, l’Angleterre s’offre et, mieux qu’un autre, il est à même de saisir la chance qui s’offre à la France et qui s’offre à lui. En effet, pendant les semaines capitales, il a pu constater qu’il existait autre chose que le désordre, la peur, la fuite, faits et sentiments qui annihilaient les volontés françaises et obscurcissaient les jugements. Il a physiquement, en survolant la Manche, mesuré la distance qui séparait le continent conquis, de l’Angleterre isolée mais protégée.

    Le 16 juin, il est à Londres pour organiser avec Churchill de tardifs transports de troupes en direction de l’Afrique du nord, où doit se transporter le gouvernement, du moins Paul Reynaud, pour continuer ailleurs la guerre perdue sur le sol métropolitain. Mais le voici très vite embarqué par Jean Monnet, dans l’affaire de l’union « intime » franco-britannique et sa journée se passe en spéculations, coups de téléphone avec Bordeaux, discussions avec les Anglais sur les limites de cette union improvisée.

    Lorsque le soir venu, il atterrit à 21h30 à Bordeaux-Mérignac, il apprend du colonel Humbert et de Jean Auburtin, deux de ses collaborateurs, que la proposition de Churchill n’a recueilli que sarcasmes et que Reynaud a été remplacé par le maréchal Pétain. Il n’est donc plus secrétaire d’état à la guerre. Mais dans la confusion de l’heure, de Gaulle, qui n’occupe plus ni poste civil, ni poste militaire, demeure encore auréolé de l’importance de ses fonctions passées. Dans un moment où les hommes d’action sont rares, sa volonté, son impérieuse volonté constitue d’ailleurs son meilleur passeport. De Gaulle, à son arrivée dans le centre de Bordeaux, va voir Reynaud et lui dit : « Je m’en vais à Londres ».

    L’aérodrome de Bordeaux-Mérignac est encombré d’avions refluant de partout, encombré de troupes, les contrôles sont relâchés et ce n’est que le 22 juin que seront interdits les vols en direction de l’Angleterre. Pour l’heure, les appareils ne manquent pas, mais les volontés font défaut.

    Christian Fouchet, qui a vécu cela, et est parti lui aussi pour Londres, le 17 juin quelques heures après de Gaulle, écrit : « Sur des centaines d’officiers et sous-officiers qui étaient là, nous fûmes huit à penser que la guerre allait continuer dans l’empire et que l’honneur consistait à sortir à tout prix de la veulerie dans laquelle on nous plongeait. Nous étions calmes et résolus. Le plus jeune d’entre nous avait vingt ans, le plus âgé vingt-huit. Chacun de nous allait brusquement se muer en déserteur, laisser derrière lui patrie, famille, maison…, se lancer dans l’aventure totale et inconnue. Nous le fîmes très délibérément. Nous rentrâmes dans nos chambres pour nous concerter. Et tout à coup, l’un des huit arrive en courant. « Vite, un grand avion de la R.A.F va partir pour l’Angleterre. Le pilote accepte de nous prendre ». Deux minutes pour sauter dans une combinaison de vol, pour mettre dans une musette une chemise et un rasoir, pour courir vers le terrain en essayant de ne pas être vus. (Christian Fouchet « Au service du général de Gaulle » – Edition Plon).

    Dans l’avion qui l’emporte vers l’Angleterre et qui a décollé sans encombre, on peut imaginer – car il faut imaginer, faute de certitudes – que de Gaulle médite davantage sur les obligations que va lui imposer sa solitude que sur les risques de l’entreprise. Détaché, et détaché par la plus rude des défaites, de son passé, c’est à ce moment-là, sans doute, qu’il se donne pour ambition non seulement de relever le drapeau, ce qui pourrait être le fait de n’importe quel héroïque soldat de fortune, mais surtout de devenir, dans l’isolement de l’exil, l’intransigeant représentant de la nation française, qu’il prétend incarner seul.

    Pour se ravitailler, l’appareil fait escale à Jersey. Quelques heures plus tard, de Gaulle est auprès de Churchill qui rumine les mauvaises nouvelles qui se succèdent et prépare son discours du lendemain. Les journaux de la capitale sont sortis au début de l’après-midi avec des titres énormes « France Surrenders » (La France capitule), et les télégrammes qui déferlent, les hommes qui arrivent sont l’écho de tant de catastrophes, que Churchill décide d’en cacher quelques-unes à la nation.

    « Les journaux ont assez de désastres pour aujourd’hui ! » dit-il en interdisant que l’on parle du naufrage du Lancastria, perdu devant Saint-Nazaire avec trois mille hommes. Tombée dans les oubliettes de la censure, recouverte par tant de nouvelles dépêches malheureuses, la nouvelle ne sera connue qu’à la fin de la guerre.

    Spears écrira que le premier ministre anglais aurait préféré deux ou trois ministres dont la voix aurait pu obtenir quelque écho en France. Et Churchill lui-même, rédigeant ses Mémoires, se souvenant des périls que la guerre sous-marine avait fait courir à l’Angleterre, affirmera que Darlan, s’il s’était décidé, aurait été le bienvenu. « Il ne se serait pas présenté, comme le fit le général de Gaulle, avec seulement une âme indomptable et quelques hommes animés du même esprit ».

    Mais puisque personne ne rejoint l’Angleterre, puisque Darlan garde jalousement la flotte, alors va pour ce général de Gaulle qui se déclare prêt à parler immédiatement à la radio. Cependant, comme tout n’est pas joué à Bordeaux, et que Jean Monnet, René Pleven, Monik et Marjolin vont partir, avec l’accord de Churchill, pour la capitale provisoire de la France d’où ils espèrent ramener Herriot, Jeanneney ou à défaut n’importe quel homme politique, on patientera encore un peu. L’appel aux Français ne sera lancé que le lendemain 18 juin.

    En attendant, de Gaulle s’installe dans un petit appartement de Seamore Place, dont Jean Laurent lui a remis les clefs. Son bagage est mince : un pantalon, quatre chemises et un portrait des siens.

    Pendant qu’il s’organise, le lieutenant Geoffroy de Courcel va changer les 100 000 francs que Paul Reynaud avait fait envoyer à Charles de Gaulle quelques heures avant son départ. Il téléphone également à une de ses amies, mademoiselle Elisabeth de Miribel, qui travaille dans l’une de ces missions françaises qui, depuis le début de la guerre, fleurissent à Londres. « Que faites- vous ? » « Rien, plus rien, je vais avec d’autres Françaises, distribuer des oranges aux blessés rapatriés de Dunkerque ».

    Eh bien ! Qu’elle vienne le lendemain. Le général de Gaulle, qui est arrivé à Londres et veut poursuivre le combat, lui donnera un texte important à taper à la machine. Elle accepte naturellement d’entrer dans cette organisation primitive, qui n’a pas de nom, pas de statuts, pas de passé. Elle entraîne même deux de ses collègues, madame Julien Durand et mademoiselle Le Tonturier.

    Le 18, arrivée dans l’appartement de Jean Laurent, Elisabeth de Miribel reçoit, des mains de Geoffroy de Courcel, un texte assez difficile à lire, et qu’elle ne tapera pas, ses notions de dactylographie étant insuffisantes, mais qu’elle dictera à un planton français. Dans la pièce voisine, de Gaulle discute avec Courcel de l’avenir.

    Le texte que mademoiselle de Miribel a eu entre ses mains, ce texte qui entrera dans l’Histoire, de Gaulle va donc le lire, en fin d’après-midi, devant le micro de la B.B.C, micro devant lequel se succèdent tous les représentants des gouvernements européens qui ont pu, su ou voulu échapper à la marée allemande.

    A-t-il communiqué son texte à Churchill comme certains l’ont affirmé ?
    « De ma vie, a répliqué le général de Gaulle, je n’ai montré un texte de moi… Si, une fois, lorsque j’ai prononcé mon allocution après Mers-el-kébir. J’attaquais les Anglais, alors je leur ai dit : Voilà, comme je vous attaque, je dois vous montrer mon texte, mais je vous préviens que si vous me demandez de changer un mot, je ne dirai plus rien ».

    Qu’importe, au fond ? Qui fait attention, dans ce Londres qui courbe le dos sous les mauvaises nouvelles, à ce grand officier français, qui pénètre dans les locaux de la B.B.C ?

    Dans une pièce voisine du studio, sir Stephen Tallance, directeur général de la B.B.C et Geoffroy de Courcel, entendent de Gaulle prononcer les mots irrévocables qui le lancent, à quarante-neuf ans, dans la plus prodigieuse des aventures et, beaucoup plus qu’un destin individuel, fixent le destin de la France et de millions de Français.

    A la demande d’armistice du 17 juin, ,
    de Gaulle réplique par l’appel du 18. Dans son esprit, ceci efface cela.

    De Gaulle parle. Et dès les premiers mots, avant de se faire le prophète des victoires futures, avant de décrire les moyens qui accableront plus tard l’Allemagne, il règle un vieux compte avec ses détracteurs, ceux qui n’ont compris ni ses livres, ni sa pensée militaire et qui n’ont peut-être même pas lu la lettre que le colonel de Gaulle leur adressait dans l’hiver 39-40.

    « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.
    Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi.
    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.
    Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
    Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays.
    Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
    Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
    Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
    Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres ».

    Courtes, sèches, déjà moulées en slogans, les phrases se sont envolées vers un peuple qui, d’abord, ne les écoute guère. Car l’appel du 18 juin n’atteint qu’une minorité. Et ils sont rares ceux qui, immédiatement, lui prêtent attention.

    En Angleterre d’abord.

    Le 19, c’est à un discours de Churchill que, tout naturellement, la presse anglaise accorde de l’importance. Pour de Gaulle, quelques lignes seulement dans Le Times. Un titre sur une colonne en huitième page du Daily Express : « La France n’est pas perdue. Un général français dit : Un jour, nous vaincrons ».

    Et en France ?

    Pour que leur statue soit parfaite, bien des hommes politiques et bien des résistants, ont voulu dater leur ralliement du premier jour et affirment avoir entendu en fin d’après-midi la voix venue de Londres. 

    D’autres confondent l’appel du 18 juin, avec le texte célèbre de l’affiche apposée en juillet sur les murs de la capitale anglaise :

     « A tous les Français
    La France a perdu une bataille !
    Mais la France n’a pas perdu la guerrre ! ».

    Texte si célèbre, que l’on en fera du vivant du général de Gaulle, un timbre faussement daté du 18 juin 1940.

    Plusieurs journaux français ont, dès le 19, publié le texte.
    Sous ce titre : « Actuellement à Londres, le général de Gaulle invite à la résistance les Français expatriés », Marseille Matin reproduit ainsi, en page 3, l’essentiel du discours du général de Gaulle.
    Il en va de même pour Le Petit Marseillais, toujours en page 3.
    En revanche, dans Le Petit Provençal du 19 juin, c’est dans la moitié supérieure de la première page, sur deux colonnes, que se trouve intégralement reproduit l’appel à la résistance. Quelques mots l’annoncent : « La B.B.C communique… Le général français de Gaulle, actuellement à Londres, s’est exprimé en ces termes… ».
    Dans Le Progrès de Lyon du 19 juin, c’est une dépêche fortement résumée qui est publiée en deuxième page.

    Peu de lecteurs, quelques auditeurs, entre les hommes qui se battent toujours, les prisonniers, les réfugiés sur les routes et dans les villes, et l’électricité coupée à plusieurs endroits.

    Mais si peu de Français lisent ou écoutent de Gaulle, le gouvernement du maréchal Pétain est, lui, tenu au courant. Et il réagit. Alibert, secrétaire d’état à la présidence du conseil, rédige le 19, une note qui sera immédiatement diffusée par les postes de radio encore sous le contrôle français et par les journaux.

    C’est elle qui donne à la plupart des Français la curiosité de savoir ce qui s’est dit à Londres : « Le général de Gaulle, qui a pris la parole à la radio de Londres, ne fait plus partie du gouvernement et n’a aucune qualité pour faire des communiqués au public. Il a été rappelé de Londres et a reçu l’ordre de rentrer en France et de se tenir aux ordres de ses chefs. Ses déclarations doivent être regardées comme non avenues ».

    L’armistice est signée par le maréchal Pétain le 22 juin. Le général de Gaulle lance un nouvel appel.

    .

    Huit jours après l’appel, le nombre des volontaires ne se monte encore qu’à quelques centaines. Fin juillet, le total des effectifs atteindra 7 000 hommes.

    Face au « Vainqueur de Verdun », l’ « homme du 18 juin » venait de naître.

     

    Source photos du général de Gaulle en 1940.

     

    Site officiel du 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin, avec le calendrier des diverses manifestations.

     

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