• 6 janvier 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    La fête des Rois dans PAGES D'HISTOIRE galettedesrois1-150x150

     

    Voici la fête des Rois ! Saluons-la avec reconnaissance et avec joie, car elle vient égayer un peu les longues et monotones soirées d’hiver. Elle est en effet, durant tout le mois de janvier, le prétexte de petites réunions intimes, de soirées en famille.

    Cette habitude de fêter l’Epiphanie ou Jour des Rois est loin d’être moderne.

    C’est un usage qui vient du paganisme et qui n’est qu’une suite des Saturnales.

    Les Saturnales commençaient fin décembre et se prolongeaient jusqu’au 6 janvier. L’habitude était d’envoyer des gâteaux et des fruits à ses amis, de grands banquets avaient lieu. Le roi du festin était tiré au sort. C’est ce qui a lieu encore chez nous, puisque c’est le sort qui désigne le roi de la fête.

    Dès l’origine de notre histoire, on voit la fête des Rois célébrée, non seulement par le peuple, mais par les grands seigneurs et les rois eux-mêmes. Dans les familles, on faisait un Roi de quelque enfant pauvre et intelligent, dont on payait ensuite les frais d’école.

    Sous Louis III, duc de Bourbon, sous François 1er, sous Henri III, sous Henri IV, sous Louis XIII, sous Louis XIV, la fête des Rois fut toujours tenue fort en honneur, et célébrée en grande pompe. Les historiens de ces époques parlent de cette fête dans leurs ouvrages.

    Voici, d’après Dupeyrat, la description de la fête de l’Épiphanie de 1578 :

    « Du règne de Henri III, on faisoit à la Cour, la veille de la feste des Roys, au souper, une reyne de la fève et, le jour des Roys, le roy la menoit à la messe à son costé gauche, et si la reyne y estoit, elle marchoit au costé droit. Un peu au dessous du roy, on préparoit un oratoire et un drap de pied pour la reyne de la fève, au costé gauche de celui du roy, avec son carreau à main droite. Le roy bailloit à l’offrande, avec l’écu, trois boules de cire, l’une couverte de feuilles d’or, l’autre couverte de feuilles d’argent, et la troisième couverte d’encens.
    Le roy étant de retour en sa place sous le dais, la reyne de la fève se levoit, et, ayant fait la révérence au roy et à la reyne, alloit à l’offrande.
    Après la messe, Leurs Majestés et la reyne de la fève, somptueusement habillées et parées, retournoient en grande pompe au Louvre, les sonnettes et tambours sonnant ».

    Voulez-vous encore, à titre de curiosité, le récit d’une fête sous Louis XIV ? Écoutez le Mercure Galant, qui raconte en ces termes, la fête des Rois de janvier 1684 :

    « La salle avait cinq tables, une pour les princes et seigneurs, et quatre pour les dames. La première de celles-ci était tenue par le roi, la seconde par le Dauphin. On tira la fève à toutes les cinq. A la table des hommes, elle tomba au grand écuyer, qui fut roi. Aux quatre tables de femmes, la reine fut une dame. Alors le nouveau roi et les reines nouvelles, chacun dans leur petit État, se choisirent des ministres, et notamment des ambassadeurs pour aller féliciter les puissances voisines et leur proposer des alliances.
    Le roi accompagna l’ambassadeur envoyé par la reine. Il porta la parole pour elle. Par un compliment gracieux au grand écuyer, il lui demanda sa protection, que celui-ci lui promit, en ajoutant que, s’il n’avait pas une fortune faite, il méritait qu’on la lui fit.
    La députation se rendit ensuite aux autres tables, et successivement les députés de celles-ci vinrent à celle de Sa Majesté.
    Quelques-uns d’entre eux, hommes et femmes, mirent dans leurs discours et dans leurs propositions tant de finesse et d’esprit, des plaisanteries si adroites, que ce fut pour l’assemblée un véritable divertissement. En un mot, le roi s’en amusa tellement, qu’il voulut recommencer la semaine suivante ».

    La fête des Rois donna souvent lieu à des scandales. Les écoliers de l’université de Paris la fêtaient d’ordinaire avec les comédiens et les bateleurs : ils dansaient, chantaient et couraient par les rues, après boire, avec fifres et tambours.

    On cite un fait d’armes singulier qui faillit se produire le jour de l’Épiphanie. En 1551, l’amiral de Châtillon fut sur le point de surprendre Douai pendant la nuit, la garnison s’étant enivrée au-delà de toute mesure en criant : « Le roi boit ! ».

    Encore un détail historique : L’Epiphanie était autrefois une fête chômée, elle ne l’est plus depuis le Concordat.

    Extrait de la Publication « La Tradition » – Emile Blémont et Henry Carnoy – 1903. 

     

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