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    Marie-Antoinette Lix dans GUERRE 1870 - 1871 marieantoinettelix-150x150marieantoinettelix1-150x150 dans GUERRE 1870 - 1871

    Marie-Antoinette Lix est née à Colmar (68), le 11 mai 1839. Elle n’avait que quatre ans lorsqu’elle perdit sa mère. Son père, ancien grenadier à cheval sous Louis XVIII et Charles X, résolut de l’élever en garçon.

    Jusqu’à l’âge de huit ans, Antoinette porta le costume masculin. A dix ans, elle montait parfaitement à cheval et faisait de l’escrime comme un maître d’armes. A onze ans, Antoinette fut placée au pensionnat des soeurs de la Divine Providence à Ribeauvillé (68). Ce ne fut pas une mince besogne pour les soeurs que de tempérer ce caractère impétueux, de rompre aux travaux de l’aiguille ces doigts endurcis au maniement de la bride et de l’épée, mais la religion leur vint en aide : l’enfant était d’une piété fervente et obéissait sans murmure dès qu’on lui rappelait ses devoirs de chrétienne.

    La vertu qui lui coûta le plus à acquérir fut la patience. Un jour que les religieuses avaient emmené leurs élèves en promenade sur une hauteur, la Klausmatt, au pied de laquelle roule un torrent, une des jeunes filles s’approcha de notre pensionnaire, brisa une baguette et lui en jeta au fur et à mesure les morceaux au visage. Antoinette, irritée, bouillonnait ; cependant elle se contint, tout en prévenant sa compagne que, si elle ne cessait ce jeu, elle passerait un mauvais quart d’heure. L’autre ne tint nul compte de l’avertissement : mal lui en prit. Antoinette, pâle de colère, la souleva comme une plume et la lança dans le torrent avant qu’on eût pu intervenir. Mais à peine l’eut-elle vu disparaître sous l’eau qu’elle s’y précipita à son tour et la ramena aux applaudissements des élèves et au grand soulagement des maîtresses.

    A dix-sept ans, pourvue du brevet de capacité, douée d’une instruction solide, elle fut appelée en Pologne, où Madame la comtesse Lubienska lui confia l’éducation de sa fille. Elle y était depuis six ans, lorsqu’éclata l’insurrection de 1863.

    La nation polonaise se soulevait pour la vingtième fois contre le joug de l’oppression russe, pour la vingtième fois recommençait une lutte sans espoir. L’âme ardente de Mademoiselle Lix ne pouvait rester indifférente devant cet héroïsme. Un ami du comte Lubienski allait être surpris par les Russes avec tout son détachement. Mademoiselle Lix s’habille en homme, monte à cheval, mais n’arrive que pour le voir tomber clans la mêlée. Elle rallie les soldats qui se débandent, ranime leur courage et réussit à battre les Russes.

    Ce brillant fait d’armes lui valut le grade de lieutenant qu’elle accepta et elle continua la campagne sous le nom de lieutenant Tony. Ses compagnons d’armes ignorèrent toujours son sexe. Frappée un jour d’un coup de lance à la poitrine, elle fut reconnue par une religieuse félicienne, Mademoiselle Wolowska, avec qui elle s’était trouvée en relations dans le monde et qui la soigna dans sa propre cellule pendant les six semaines que sa blessure mit à se fermer.

    A peine convalescente, elle se charge de porter une importante dépêche à un chef de partisans, mais elle tombe aux mains des Russes et ne doit la vie qu’à un passeport au nom de son frère. Reconduite à la frontière, elle rejoint à Dresde la comtesse Lubienska et profite de ses loisirs dans cette ville pour se livrer à des études médicales.

    Elle revint en France en 1866. Le choléra sévissait alors dans le Nord. Cette fois, c’est la charité qui parle en elle. Avec le même oubli de soi qu’elle a montré en Pologne, elle va soigner les cholériques indigents et demeure à leur chevet pendant toute la durée de l’épidémie. Sa belle conduite signalée en haut lieu lui valut d’être nommée receveuse des postes de Lamarche (Vosges).

     

    Survint la guerre avec l’Allemagne. Mademoiselle Lix, aussitôt d’aller à la mairie et de s’engager dans une compagnie franche, formée par les frères et les fils de ses amies qui lui offrent le grade de lieutenant, pour lequel la désignait son expérience de la guerre. C’est en cette qualité qu’elle prit part au combat de la Bourgonce, 6 octobre 1870, où les Badois du général Degenfeld perdirent 400 hommes dans une lutte de sept heures. Sa pratique de cette vie de guérillas, où le petit nombre doit, par la ruse, l’emporter sur l’ennemi supérieur en force et mieux armé, sauva de plus d’un péril les francs-tireurs de Lamarche, qui avaient en elle la plus grande confiance et la respectaient tous comme une soeur.

    L’Industriel Alsacien  du 14 décembre 1870, contenait une lettre d’un franc-tireur de Neuilly, Monsieur Lesney, témoin oculaire, qui raconte comment ce lieutenant féminin ralliait les mobiles qui se débandaient : « Allons Messieurs, debout, disait-il, c’est la tête haute que les Français doivent saluer les balles », puis elle pansait les blessés qui tombaient autour d’elle et prêchait d’exemple, sans se soucier du danger. Après le combat de la Bourgonce, sa compagnie s’étant fondue dans les troupes garibaldiennes, elle se retira pour se consacrer exclusivement au soin des blessés.

     

    La paix signée, Mademoiselle Lix quitta l’uniforme et revint à son bureau de poste.

    En janvier 1872, le gouvernement lui décerna la médaille d’or de première classe en récompense de sa belle conduite pendant la guerre et de son dévouement dans les ambulances. Le 5 mai de la même année, la société nationale d’encouragement au bien lui décernait une médaille de bronze. Des dames alsaciennes lui offrirent une épée d’honneur dont la poignée, en vieil argent massif, représente l’Alsace couronnée des créneaux de Strasbourg et brisant ses chaînes ; au verso la devise pro Deo et patria.

     

    A la suite de violentes douleurs rhumatismales, survenues après la guerre, Mademoiselle Lix a dû demander l’échange de son bureau de poste contre un bureau de tabac. Aujourd’hui elle vit dans la retraite, consacrant à un petit nombre d’amies et à la bienfaisance, les courtes heures de répit que lui laissent ses travaux et les fièvres intermittentes contractées clans les marais de la Pologne.

    Ses occupations consistent principalement en traductions dont elle emploie les bénéfices à des oeuvres de charité. Elle est l’auteur d’une traduction française de Johnny Ludlow, parue chez Maurice Dreyfous en 1879. Tout récemment, elle a publié sous le titre de « Tout pour la patrie », un volume rempli de souvenirs alsaciens, dont un grand nombre de journaux ont déjà fait l’éloge et qui vient de lui valoir une nouvelle médaille de la Société d’encouragement.

     

    Biographie extraite du livre « Biographies alsaciennes » Edition A. Meyer (Colmar) Publication 1884

    Marie-Antoinette Lix est décédée le 14 janvier 1909 à Saint-Nicolas-de-Port (54).

     

    De plus amples renseignements  sur la vie de Marie-Antoinette Lix.

     

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