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    Lucien Julien MELINE dans A NOS ANCIENS julienmeline-150x150

     

    Né en 1901 à Gérardmer, Julien Méline quitte sa ville natale en 1920, vient se fixer dans la coquette ville des chanoinesses, s’y marie et fonde une famille. Toujours souriant, avide de contacts humains, il compte rapidement de nombreux amis au sein de la cité.

    Dès 1940, à peine rendu à la vie civile, il est de ceux qui pensent qu’une bataille perdue n’enlève rien à la justice d’une cause, qu’il faut reprendre le combat. Malgré les risques encourus, il forme en juillet 1940, le Mouvement de la Résistance de Remiremont.
    Très estimé de ses compagnons de lutte, il s’affirme rapidement comme un chef de grande valeur et réunit dans son sillage de nombreuses personnes venues d’horizons sociaux variés, tels que gendarme, inspecteur de police, cultivateur, entrepreneur, restaurateur, commerçant, pasteur, voire préfet, etc…

    Dans sa lutte contre l’ennemi, Julien Méline frappe dans plusieurs directions. Il organise une filière permettant l’évasion de prisonniers de guerre depuis leur Oflag et leur Stalag. Ceux-ci reçoivent les papiers nécessaires au voyage entre deux cartons de jeux de dames. Dès qu’ils sont à Remiremont, il leur procure une carte d’identité, une feuille de démobilisation et un viatique de 300 francs pour couvrir les premiers frais. Avec l’aide de passeurs chevronnés recrutés jusque dans la Loire et à Besançon, Julien Méline leur fait passer la ligne de démarcation. Plus de 2000 prisonniers évadés retrouveront ainsi leur liberté.

    En janvier 1943, il devient chef de groupe GMA (Groupe Mobile Alsace) Vosges, puis de l’OCM (Organisation Civile et Militaire) et fait partie du Réseau « Centurie ». Les jeunes requis pour le STO (Service Travail Obligatoire), les Alsaciens qui ne veulent pas être enrôlés dans la Wehrmacht, les israélites pourchassés par la Gestapo, sont assurés de son aide.

    Il organise la formation de nombreux maquis, la préparation de terrains de parachutages et ce, jusque dans la région de Saint-Dié, avec l’aide d’un garagiste dans cette ville.
    De nombreux coups de mains sont accomplis provoquant de nombreuses destructions de dépôt d’essence, de matériel automobile et de guerre ennemi sous son autorité.

    Durant plus de trois ans, Julien Méline organisera, dirigera, réconfortera, prendra des initiatives au plus haut niveau, jouera sa vie dans une immense partie de roulette russe face à l’ennemi sans jamais se lasser, assisté de son épouse et de ses enfants. Au début de 1943, les allemands qui commencent à le soupçonner, l’arrêtent et le transfèrent à la prison de la Vierge à Epinal. Faute de preuves, il sera relâché trois jours après. Malgré cette alerte, son dévouement et sa foi sont inébranlables et il continue dans la voie qu’il a choisie : la lutte par tous les moyens contre l’occupant et ce, jusqu’à ce que celui-ci soit bouté hors de France.

    Mais la Gestapo le surveille. La nasse se referme inéxorablement autour de lui et le 10 juillet 1943, il tombe dans le piège tendu par l’occupant. Julien Méline est arrêté à son domicile. Pendant son arrestation, une de ses filles réussit à détruire des papiers compromettants et ses enfants n’hésitent pas à manger des enveloppes afin que les policiers allemands ne s’en saisissent pas.

    Il est immédiatement transféré à la prison de la Vierge à Epinal et jeté dans une cellule où il y restera 93 longs jours. Il subira 105 interrogatoires, sera torturé. Julien Méline ne livre aucun renseignement à ses bourreaux, et sera tellement méconnaissable que les nazis n’autoriseront personne à le voir.

    Son procès conduit par le tribunal militaire allemand de Dijon, venu en exprès à Epinal, durera deux jours. Condamné à la peine de mort, il attendra son recours en grâce 38 longs jours et sera finalement fusillé le 12 octobre 1943.

    Le journal qu’il écrivit au cours de son incarcération a été retrouvé : « Lundi 8 août… Interrogatoire… 8 heures… – Mardi 9 août… Interrogatoire… 18 heure… – Jeudi 11 août… Interrogatoire… 18 heures… – Vendredi 12 août… 88e interrogatoire… – Lundi 16 août… Désespoir… – Lundi 23 août… 105e interrogatoire… – Jeudi 2 septembre… Jugement… – Samedi 4 septembre… Condamnation. »

    Ses dernières lettres se passeront de tous commentaires… « Je vais me coucher en me tournant vers Remiremont et en pensant à ceux que j’aime… » « Samedi, jour de ma condamnation, ma femme sois courageuse. Je prie, j’attends, j’ai confiance ». Sa dernière missive sera une sorte de testament monument de droiture et de tendresse à l’attention de sa famille.

    C’est ainsi que fait chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume en 1955, titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre avec palme et deux citations, de la médaille de la résitance avec Rosette, de la croix du comabattant volontaire de la résistance, de la médaille des passeurs, de la médaille des internés, de la plaquette d’appartenance FFI en tant qu’agent du réseau Centurée Région C, Lucien Julien Méline repose à tout jamais dans le cimetière de la ville qu’il aimait tant.

    Si vous empruntez l’avenue Julien Méline, qui mène à la place de la gare à Remiremont, souvenez-vous !

     

    Article extrait de la Revue Populaire Lorraine.

  • 9 commentaires à “Lucien Julien MELINE”

    • Corinne MICELLI on 27 juin 2009

      En parcourant les pages que vous avez réservées à René Fonck, je viens de lire cet article dédié à Julien Méline pour lequel j’ai quelques informations à vous communiquer.
      Le préfet des Vosges Daudonnet avait demandé à René Fonck d’intervenir au sujet de son ami Méline condamné à mort par les Allemands.
      René Fonck parvint seulement à demander un complément d’enquête qui retarda l’exécution de 38 jours (d’habitude, le condamné à mort était abattu le jour même).
      Source : CARAN (déposition du préfet Daudonnet lors de l’enquête de René Fonck)
      Je me tiens à votre disposition. Bravo pour votre site : Corinne Micelli

    • Alain Masson on 19 novembre 2011

      C’est mon grand-père.

      • Gérard MELINE on 28 octobre 2018

        Comment avez-vous cette information ?

    • LAMONTAGNE Sylvie on 21 juin 2013

      Julien Méline est le frère de ma grand-mère maternelle

    • pitois on 18 août 2016

      Julien meline était mon grand oncle

      • francine PITOIS LEPINE on 13 mai 2018

        Julien Méline était aussi mon grand oncle, son épouse, Eugénie je crois (on l’appelait tante Ninie) était la soeur de ma grand mère paternelle. Née en 1938, je me souviens
        très bien de cet oncle .

    • annick vigor roulon on 5 juin 2019

      je suis la petite fille de mr daudonnet alors prefet et je me souviens de l epouse de monsieur meline dans les annees 1965 je venais avec ma grand mere la femme de mr daudonnet et eugenie qui etait ma marraine .j ai de beaux souvenirs de toute la famille

      • Gérard MELINE on 20 août 2019

        Bonjour Annick
        Quelle bonne surprise, cela fait longtemps que j’essayais d’avoir vos coordonnées.
        Le hasard fait très bien les choses et je suis content de trouver votre « trace »;
        Que de souvenirs à partager, je me souviens parfaitement de toute votre famille dont je n’arrivais pas à trouver la possibilité de partager l’amitié et le passé intime du à l’Histoire.
        Si cela vous fait plaisir, n’hésitez pas à me contacter par mail, je vous donnerai mes coordonnées les plus complètes, nous pourrons évoquer nos familles si liées par le passé.
        En attendant je me permets de vous faire nos bises, en attendant de correspondre plus longuement.
        J’habite toujours à Remiremont, lieu d’amitié de toujours avec votre famille;
        bises amicales.
        Gérard

    • Lamontagne francine on 21 août 2019

      Ma grand mère maternelle .Meline charlotte épouse Clément Démange George était la soeur de Julien. Enfant je me souviens de sa photo dans la chambre de mon aieulle et de ses récits concernant son frère résistant et fusillé pendant la guerre. Enfant nous n’avons pas eu mes frères soeurs et moi les détails horribles d,e son arrestation . mais mon souvenir principale est la grande fierte mélangée de tristesse quand ma mémère parlait de son frère. Pour moi s’ était un héro sur cette photo encadrée et je suis encore toute émue de ce souvenir marquant que je partageait avec ma grand mère Charlotte adorée.

    Répondre à LAMONTAGNE Sylvie


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