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    Marina Raskova et les « Sorcières de la nuit » dans GUERRE 1939 - 1945 marinaraskova3-150x150po2b-150x150 dans PAGES D'HISTOIREmarinaraskova-150x150timbre-150x150marinaraskovahommage-150x150

     

    Après que les Allemands aient envahi l’Union Soviétique, entre le 22 juin 1941 et le 8 mai 1945, près d’un million de femmes servirent dans les forces armées soviétiques, beaucoup sur le front mais aussi dans l’aviation.

    Marina Raskova (née en 1912) était une femme cultivée d’humeur joyeuse, pleine d’entrain s’intéressant à tout, y compris la musique classique (virtuose du piano, elle avait suivi l’école de musique Pushkin). Elle parlait couramment le français et l’italien et avait étudié, aussi bien la chimie que les matières militaires.

    A l’âge de 19 ans, elle avait été engagée comme technicienne de laboratoire et en 1934, elle passa son examen de navigation aérienne et obtint sa licence de pilote en 1935. Le 24 octobre 1937, Marina Raskova et Valentina Grizodubova, pilotant un AIR-12, enregistrèrent le record du monde féminin de distance avec un vol non-stop de 1 445 km.

    En 1938, Raskova prit part à trois records mondiaux : le 24 mai et le 2 juillet à bord d’un hydravion MP-1, couvrant respectivement 1749 km et 2241 km, et les 24 et 25 septembre, avec Valentina Grizodubova et Paulina Osipenko en ANT-37, parcourant 6450 km en un vol non-stop de Moscou au Pacifique.

    A l’âge de 26 ans, elle reçut l’Etoile d’or des héros de l’Union soviétique, avec Grizodubova et Osipenko, pour leur vol record vers l’extrême Est.

     

    Après l’éclatement de la guerre germano-soviétique le 22 juin 1941, Raskova utilisa son influence personnelle auprès de Staline et sa position dans le comité de défense du peuple pour obtenir la permission de constituer une unité de combat exclusivement féminine. Cette demande était cruciale pour beaucoup de jeunes femmes, qui voulaient absolument combattre les ennemis de leur patrie.

    Il y avait déjà quelques aviatrices déjà entraînées dans des aéro-clubs, et avec l’approbation de la Stavka (Haut commandement suprême) et l’assistance du Komsomol (Ligue de la jeunesse communiste), Raskova débuta en octobre 1941, la création de trois régiments d’aviation entièrement féminins, soit environ 400 femmes pilotes, mécaniciennes et radios.

    Après leur sélection, les futures aviatrices étaient envoyées dans la petite ville d’Engels, sur la rivière Volga au nord de Saratov. Là, elles eurent 6 mois pour terminer leur formation de pilote, alors que celle-ci prenait normalement 18 mois ! Raskova gardait un œil sur tout le processus d’entraînement et de sélection, la décision finale et l’orientation de chacune lui revenant. Ce n’était pas facile, car toutes voulaient devenir des pilotes de chasse. En fonction de l’expérience et des qualités de chacune, leur orientation comme pilote de chasse ou de bombardier, radio-navigatrice, mitrailleuse, mécaniciennes ou armurières, exigeait beaucoup de psychologie et de persuasion de la part de Marina Raskova, dont l’autorité naturelle était incontestée.

     

    Avec l’accord officiel de la Stavka, Marina Raskova forma trois régiments d’aviation : le 586ème IAP (Régiment de chasse), le 587ème BAP (Régiment de bombardier en piqué) et le 588ème NBAP (Régiment de bombardier de nuit).

    Le premier régiment était initialement assigné à la défense de Saratov, alors que les deux autres pouvaient être envoyés au front. Lorsque l’entrainement de ces 3 unités de combat fut terminé, la situation militaire dans la ville et autour de Stalingrad était devenue critique. Le 1er escadron du Régiment de chasse fut alors transféré à Stalingrad.

     

    Le 588ème NBAP fut officiellement déclaré prêt au combat en mai 1942, et arriva en Ukraine le 23 mai, avec à sa tête Marina Raskova. Grâce à leurs prouesses, ces femmes gagnèrent rapidement le respect de leurs adversaires et les Allemands commençèrent à les surnommer les « Sorcières de la nuit ».

    La plupart du temps, la faible autonomie (300 km) des Po-2, biplans à ciel ouvert dont la vitesse maximum était de 150 km/h, et leurs faibles moyens de navigation et de bombardement, ne leur permettait pas de faire des dommages importants à l’ennemi. Mais les « Sorcières de la nuit » mettaient au point diverses tactiques. Elles volaient vers leurs objectifs, la nuit, en rase-motte puis au dernier moment, prenaient de l’altitude avant de couper leur moteur et piquer sur leur cible. Lorsque les Allemands entendaient le sifflement caractéristique du vent dans les haubans des biplans, il était déjà trop tard.

    Pour se débarrasser des projecteurs, elles se mirent à voler par groupe de trois. Les deux premières servaient de leurre en simulant une fausse attaque. Pendant ce temps, la troisième pouvait attaquer sans être trop inquiétée. Puis elle allait rejoindre les deux autres pour à son tour servir d’appât, et cela jusqu’à que toutes les trois aient lâché leur bombe. Il fallait des nerfs d’acier pour servir de leurre, mais cette technique était efficace.

    Mais la faible vitesse du Po-2 n’était pas toujours un handicap. Equipé d’un moteur de 110 cv, sa vitesse maximum était de 150 km/h. Il volait donc à des vitesses bien inférieures à la vitesse minimum des chasseurs allemands. Très maniables, les pilotes pouvaient donc voler très bas et … se cacher derrière les arbres. Même si les dégâts provoqués par ces rustiques biplans étaient relativement peu importants à cause de la faible charge de bombes (300 kg) qu’ils pouvaient emporter, le harcèlement, l’effet d’insécurité continuelle parmi les Allemands étaient psychologiquement très efficace.

    Les statistiques soviétiques montrent que cette unité fit 23 672 sorties et larguèrent 3000 tonnes de bombes.

    23 femmes pilotes de ce régiment furent décorées de la Croix d’Or des héros de l’Union Soviétique. Ce régiment fut le plus décoré des forces aériennes soviétiques.

    Un vibrant hommage fut dédié à cette unité par les pilotes de la France Libre du régiment de chasse « Normandie-Niemen » qui combattirent souvent aux côtés de ces femmes : « Même s’il était possible de cueillir et de déposer à vos pieds toutes les fleurs de la Terre, cela ne constituerait pas une reconnaissance suffisante de votre valeur ».

    Marina Raskova ne survécut pas à la guerre. Alors qu’elle convoyait en première ligne une formation de trois avions, le 4 janvier 1943, dans une tempête de neige aveuglante, son avion s’écrasa au nord de Stalingrad contre les hautes falaises bordant la rive ouest de la rivière Volga. Aucun équipage des 3 avions n’en réchappa.

    Extrait de l’article original (anglais)

     

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