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    Le Père Charles UMBRICHT : l’As des aumôniers dans A NOS ANCIENS charlesumbricht1-150x150aumonier-150x150 dans GUERRE 1914 - 1918remiselegionhonneur14071933strasbourg-150x150voeux1934-150x150

     

    Né le 9 février 1873 à Amenoncourt (54), Charles Umbricht avait 3 ans quand sa famille originaire d’Obernai (ils avaient quitté l’Alsace en 1871 pour demeurer français), vint s’installer définitivement à Val-et-Châtillon (54).

    Attiré par l’apostolat missionnaire, Charles Umbricht, ayant reçu la prêtrise, fut d’abord professeur, puis à 25 ans, comme le voulait la loi, il accomplit 1 an de service militaire au 26e R.I, régiment de la Division de Fer. A son retour à la vie civile, il tomba gravement malade, puis exerça au collège Saint-Pierre Fourier de Lunéville. En 1908, il se fit Père blanc et vécut tant en Afrique du nord que dans le Proche-orient.

    Le mal l’ayant à nouveau terrassé, il rentre en France au début de 1914. Son cas fut jugé tel que la faculté lui accordait tout juste 3 mois de vie. 15 ans plus tôt, il avait été réformé pour faiblesse de constitution, et rayé des cadres de l’armée.

    Tel était l’état du Père Umbricht, quand sonna la déclaration de guerre de 1914. Il était alors en Suisse, condamné au repos. Mais le cœur du patriote « alsacien » fut le plus fort. Au prix de quelques jolies astuces, il rallia Nancy afin d’y voir son évèque, Monseigneur Turinaz, et d’obtenir l’autorisation de servir comme aumônier aux armées. Le prélat, instruit du délabrement de la santé du Père Umbricht, résista mais dut finalement s’incliner.

    Sans doute, l’ancien du 26e R.I, eût-il souhaité de rentrer à la « Division de Fer ». Les voies de la providence en décidèrent autrement et l’aiguillèrent vers la XXe D.I. C’est ainsi que ce fils d’Alsace devint Breton et que, condamné par la Faculté, il put survivre. Sa tranquille audace, son souci de servir, de se dévouer avec la même zèle et la même amitié pour tous, lui valurent très vite l’affectueux respect, tant du 47e R.I, que de la XXe D.I, dont il fut le grand chef moral.

    Le Père Umbricht, du début de la guerre jusqu’au moment où il fut lui-même grièvement atteint, fut de toutes les actions, de tous les coups durs, faisant naître par sa seule présence et son souriant sang-froid, un étonnant climat de sérénité. Le 16 juillet 1918, la 20e division fut engagée pour arrêter la dernière offensive de l’ennemi. Le Père Umbricht tomba, le bras gauche emporté par un obus.

    Parmi les traits d’héroïsme du Père Umbricht, mentionnés dans l’allocution qu’a prononcée le 14 juillet 1933 à Strasbourg le lieutenant-colonel Charles Bon (au nom des anciens de la 20e division) à l’occasion de la remise de la plaque de grand officier de la Légion d’Honneur au chanoine, citons-en un : 

    « … C’était devant Arras. L’ennemi avait occupé les faubourgs de Sainte Catherine. Notre contre-attaque avait échoué et le commandant du bataillon était resté sur le terrain, porteur des plans du secteur. Le général Anthoine apprend la chose. Coûte que coûte, il lui faut ces plans.

    Le père Umbricht arrive : « - Mon général, j’ai participé à la contre-attaque. Je sais où est tombé le commandant. J’irai.
    - Prenez avec vous une section !
    – J’irai seul, mon général. ». 

    A la nuit, il part, franchit nos lignes, est arrêté par les avant-postes, lance dans l’allemand le plus pur mot d’ordre et les explications nécessaires et arrive près du corps du commandant. La sacoche est prise avec les papiers qu’elle renferme. Le père, évitant la sentinelle avec laquelle il ne tient pas à renouer la conversation, va regagner nos lignes.

    Dans la dernière maison du faubourg, il aperçoit une lueur, jette un regard par la fenêtre éclairée. Des blessés français sont là, étendus, souffrants. Il entre et compte onze français et un allemand. Il en charge un sur son dos et le ramène dans nos lignes. Va-t-il laisser les autres ? Il n’y songe ! Trouvant une brouette, il la pousse vers les lignes ennemies, installe un blessé dans la brouette, hisse l’autre sur son dos et, cinq fois recommence le voyage ! (Lui qui avait été réformé pour faiblesse de constitution !).

    Au moment où il effectue son dernier changement, le blessé allemand, resté seul, dit : « - Père, emmène-moi. – Je reviendrai te chercher. – Tu mens, tu ne reviendras pas ! – Un Français ne ment pas ! Et pour te le prouver, je laisse, ici, ma soutane ».

    Et le père, sans sa soutane, vint dans un dernier voyage charger son prisonnier et reprendre sa soutane.

    Le 23 octobre 1941, à Meyzieu (38), décédait le Père Umbricht, l’As des aumôniers de la grande guerre, titre de l’article que lui consacrait l’almanach du Pèlerin de 1935 : « L’écclésiastique français le plus élevé en dignité actuellement dans l’ordre national de la Légion d’Honneur est un simple chanoine, de qui 12 citations obtenues de 1914 à 1920 ont mis en valeur l’héroïsme continu ».

     Le Père Umbricht repose depuis le 26 mai 1947 dans le cimetière de Val-et-Châtillon, après des obsèques auxquelles ont assisté de nombreuses personnalités civiles, militaires et religieuses.

     

    Article extrait de la Revue populaire Lorraine

     

    Il existe une rue « Révérend Père Umbricht » à Strasbourg (67) et Val-et-Châtillon (54), ainsi qu’une avenue « Révérend Père Umbricht » à Saint-Malo (35).

     

    Nous remercions le propriétaire de la photo du père Umbricht pour son aimable autorisation de publication.

     

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