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    Julie Victoire DAUBIE, première bachelière et féministe dans LORRAINS CELEBRES cartedefontenoylechateau-150x150julievictoiredaubie-150x150 dans LORRAINS CELEBRESfresquefontenoylechateau-150x150

     

    Née le 26 mars 1824 à Bains-les-Bains (88) et décédée le 26 août 1874 à Fontenoy-le-Château (88), Julie Victoire Daubié fut la première femme à obtenir le diplôme du baccalauréat.

    Julie-Victoire Daubié voit le jour dans la maison dite des Commis de la Manufacture royale de Bains-les-Bains, où son père occupe les fonctions de comptable puis de caissier. Huitième enfant de la fratrie, elle n’a pas deux ans lorsque son père décède. Sa mère rejoint alors la ville de Fontenoy-le-Château où résident les grands-parents paternels.

    Après des études à Fontenoy-le-Château, elle obtient le 31 août 1844 son brevet supérieur de capacité. Mais à la différence des autres jeunes filles, elle avait appris, grâce à son frère Joseph Florentin Daubié, le grec et le latin. L’apprentissage de ces deux langues était, comme celui des mathématiques et de la philosophie, traditionnellement refusé aux femmes, sous prétexte que cela nuirait à leur modestie et au développement de leur esprit…

    Sa candidature au baccalauréat est refusée à Paris, mais elle obtient satisfaction à Lyon grâce à l’appui de son ami François Barthelémy Arlès-Dufour, industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour royale. Ils avaient fait connaissance en 1859, lorsque Julie Victoire Daubié participe au concours de l’académie impériale de Lyon (organisé par Arlès-Dufour). Son mémoire avait remporté le premier prix. Le sujet proposé était le suivant : chercher le moyen d’élever le salaire des femmes à l’égal de celui des hommes et ouvrir aux femmes de nouvelles carrières et de nouveaux travaux remplaçant ceux qui leur sont successivement enlevés par la transformation des usages et la concurrence des hommes.

    Elle obtient le baccalauréat le 17 août 1861 mais la délivrance de son diplôme ne fut pas sans poser de problèmes. Il fallut de nouvelles démarches de François Arlès-Dufour et même de la princesse Eugénie, pour que Julie Victoire Daubié obtienne enfin satisfaction en mars 1862. Le ministre de l’éducation publique, Gustave Rouland, qui refusait de signer le diplôme, aurait même déclaré : « Vous voulez ridiculiser mon ministère ? ». La réussite de Julie Victoire Daubié fut bien accueillie par les étudiants de Lyon qui se cotisèrent pour lui offrir un anneau d’or.

    Elle continue à étudier seule, pour préparer sa licence ès lettres, l’accès à l’enseignement lui ayant été interdit. Elle réussit son examen le 28 octobre 1871 et devient ainsi la première femme titulaire d’une licence de lettres. Ce n’est qu’en 1880, que la faculté des lettres de Paris ouvre enfin ses portes aux femmes.

    Parallèlement à ses propres études, elle faisait campagne en faveur de l’instruction et du travail des femmes. Le mémoire ayant obtenu le premier prix au concours de l’académie royale de lyon fut publié en 1866 sous le titre « La femme pauvre au XIX siècle » et obtint, en 1867, la mention honorable du jury international de l’exposition universelle. Il est entièrement consacré à la condition économique et professionnelle de la femme, avec pour objectif l’indépendance matérielle du « deuxième sexe ». 

    Elle intervient aussi dans le presse économiste : Le Journal économiste et L’économiste français. Son principal but est de donner à la femme les moyens de vivre de son travail. Ses articles abordent néanmoins des sujets d’une grande diversité : enseignement et travail des femmes, prostitution, débauche, droits des enfants, etc…

    Son dernier combat est mené à partir de 1870 : elle réclame l’inscription des femmes sur les listes électorales, en affirmant que le suffrage des femmes est la base du progrès social. Pour revendiquer un tel suffrage, elle utilise l’argument des impôts : les femmes le paient, elles ont les mêmes devoirs que les hommes, elles doivent donc avoir les mêmes droits. Cette dernière campagne est un échec, au niveau de la satisfaction mais surtout au niveau de la mobilisation. 

    En 1872, elle tombe malade, ses interventions se raréfient et elle revient vivre à Fontenoy-le-Château, où elle décède le 25 août 1874, laissant inachevée une thèse sur la condition de la femme dans l’Antiquité.

    Source de l’article.

     

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