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  • 30 avril 2009 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    08 mai - Fête de la victoire dans GUERRE 1939 - 1945 capitulation7mai1945-150x150lerepublicainlorrain19450508-150x150 dans PAGES D'HISTOIRElunion19450508-150x150

     

    Le XXe siècle a connu 2 conflits majeurs : la première guerre mondiale, appelée aussi la grande guerre et la seconde guerre mondiale. Chacun de ces conflits a eu des conséquences dramatiques : des millions de morts (militaires et civils), des destructions gigantesques et à chaque fois, des frontières modifiées (annexions ou cessions de territoires).

    Si l’on s’intéresse à la première guerre mondiale, une date, le 11 novembre 1918, et un mot associé à cette date : Armistice. Il a été signé dans un wagon, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, à 5h15 du matin. L’armistice avait été conclu pour 36 jours mais sera régulièrement renouvelé jusqu’au traité de paix du 28 juin 1919. On peut donc dire que l’armistice signé le 11 novembre 1918 a mis fin à la première guerre mondiale et cette date unique est commémorée par tous les pays ayant participé au conflit. Dans la mémoire collective, 11 novembre = armistice = fin de la guerre.

     

    En revanche, en ce qui concerne la seconde guerre mondiale, tout n’est pas si simple.

    Différentes locutions sont associées à la date du 8 mai. D’une part, Armistice, ce qui est faux, puisque qu’aucun armistice n’a été signé. Il s’agit d’une capitulation sans condition du IIIe Reich de l’Allemagne. D’autre part, fin de la guerre, ce qui est également faux, étant donné que le conflit a duré en Asie jusqu’au 2 septembre 1945, date de capitulation sans condition du Japon.

    Il s’agit donc de la fête de la victoire des alliés sur l’Allemagne en Europe.

    Si l’on s’attarde un instant sur la date, l’Histoire ne retient que la date du 8 mai et le lieu, Berlin.

    Or, la capitulation allemande a eu lieu à Reims (ville où se trouvait le PC avancé du Quartier Général des forces expéditionnaires alliées en Europe du général Eisenhower), le 7 mai 1945,vers 2 heures 40 du matin, par le général Jodl (pour l’Allemagne), en présence du général Bedel-Smith (États-Unis), du général Susloparov (Russie) et du général Sevez (France).

    Le 25 juillet 1944, alors que l’offensive de Normandie s’achevait à peine, un projet de capitulation, fut adopté par les gouvernements alliés. Mais la France fut totalement écartée de l’élaboration de ce document. En effet, ce n’est que le 22 octobre 1944 que les Alliés américains, soviétiques et britanniques ont consenti à reconnaître la légitimité du gouvernement provisoire de la république française, présidé par le général de Gaulle. En novembre 1944, soit trois mois après l’adoption du projet de capitulation, la France fut enfin admise au sein de la commission consultative européenne.

     

    Le principe d’une capitulation totale et sans condition fut réaffirmée en février 1945 à la Conférence de Yalta. La France en était absente, mais grâce à l’insistance de Churchill, elle fut admise parmi les puissances occupantes.

    Le 29 avril 1945, neuf jours avant la capitulation de Reims, fut signée à Caserta, près de Naples, la capitulation des armées allemandes engagées en Italie du Nord, capitulation qui est entrée en vigueur le 2 mai 1945. 

    L’annonce de la mort d’Hitler, qui s’était suicidé à Berlin le 30 avril dans son bunker, et de son remplacement à la tête du gouvernement allemand par l’Amiral Doenitz, le 1er mai, puis la prise de Berlin, le 2 mai, accélérèrent encore le processus de désagrégation de la Wehrmacht, et conduisirent à la signature d’une seconde capitulation partielle.

    Le texte de la capitulation signée à Reims, n’avait pas grand chose à voir avec le projet de capitulation qui avait été minutieusement élaboré par la Commission consultative européenne.La France, tenue à l’écart de l’élaboration du projet, ne fut pas davantage associée à la rédaction du texte de capitulation finalement signé le 7 mai 1945.

    Le général de Gaulle avait désigné le 4 mai, le général de Lattre de Tassigny pour signer la capitulation allemande au nom de la France. Mais c’est un autre général, le général Sevez, qui fut présent à Reims. Adjoint du général Juin, qui à cette date assistait, au nom de la France à la conférence de San Francisco chargée d’adopter la charte des Nations Unies, il ne fut convoqué à Reims par un coup de téléphone du général Eisenhower, que le 6 mai à 10 heures, avec interdiction d’en référer au général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire. À Reims, où n’était arboré aucun drapeau français, le général Sevez n’est intervenu à aucun moment dans les discussions, et ne fut finalement admis à signer, que comme témoin. Il n’y a pas eu non plus de version française de l’acte de capitulation.

     

    Un représentant russe, le général Susloparov, était présent à Reims, mais il n’était autorisé à signer aucun accord, quel qu’il soit. Il demanda au haut commandement soviétique l’autorisation de signer l’acte de capitulation à Reims. N’ayant toujours pas reçu de réponse au moment de la signature, il prit néanmoins la décision de signer.

    Staline, furieux, estima que la capitulation de Reims était une trêve séparée, une capitulation unilatérale, malveillante à l’égard de l’Union Soviétique et destinée à faciliter le passage des troupes de la Wehrmacht et des civils allemands vers les lignes anglo-saxonnes, tandis que le chef de l’État-major de l’Armée rouge, le général Antonov, informait les alliés occidentaux que les troupes allemandes continuaient de livrer combat aux troupes soviétiques.Pour Staline, l’acte signé à Reims n’était que provisoire, et il exigea que l’acte définitif fût solennellement signé à Berlin, dans la capitale du IIIème Reich vaincu, au Quartier Général du maréchal Joukov.

    Ce qui nous amène au 8 mai 1945 à Berlin et plus particulièrement dans la nuit du 8 au 9 mai. L’acte définitif de la capitulation de l’Allemagne nazie a été signé à Berlin : par le maréchal Keitel (haut commandement allemand), par l’amiral Von Friedeburg (commandant en chef de la marine allemande), par le général Stumpf (représentant le commandant en chef de l’Armée de l’air allemande), par le maréchal Joukov (haut commandement de l’Armée rouge), par le maréchal de l’Air Tedder (commandant suprême du corps expéditionnaire allié en Europe). Ont signé comme témoins : le général de Lattre de Tassigny (commandant en chef de la 1ère Armée française), et le général Spaatz (commandant de l’United States Strategic Air Force).

    Les chefs des gouvernements alliés occidentaux, Truman, Churchill et de Gaulle avaient décidé d’attendre le mardi 8 mai à 15 heures, pour annoncer officiellement la victoire. Les correspondants de guerre présents, à Reims le 7 mai, s’étaient quant à eux, engagés à ne pas divulguer la nouvelle avant cette date.

     

    C’est ainsi que la date retenue par l’histoire se trouve être le 08 mai et le lieu de signature de la capitulation, Berlin.

    A noter que la Russie commémore le 9 mai et que les Etats-Unis distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day, jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day, jour de la victoire sur le Japon.

    Cet article est un condensé d’un dossier extrêmement complet (chronologie, photos, fac-similés) de la capitulation allemande à Reims sur ce site.

     

    Le but de cet article n’est absolument pas de dévaloriser la commémoration du 8 mai, bien au contraire. Ne jamais oublier. Mais l’on ne peut s’empêcher de penser, même plus de 60 ans après, que la seconde guerre mondiale, surnommée drôle de guerre à ses débuts, a été très très différente de la première, y compris de la manière dont la fin a été réglée.

     

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