Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 18 avril 2009 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Venant Antoine Léon LEGOUEST dans LORRAINS CELEBRES leonlegouest-150x150hopitallegouest-150x150 dans LORRAINS CELEBRES

     

    Né à Metz le 01 Mai 1820 et décédé à Paris le 05 Mars 1889, Léon Legouest fut un chirurgien militaire réputé et un enseignant brillant.

    Fils d’Antoine Legouest, Léon Legouest subit l’influence du milieu professionnel paternel, qui est celui d’un chirurgien militaire de l’Empire. Après des études secondaires effectuées à Nancy, il est admis en janvier 1839 à l’hôpital de Strasbourg en qualité de chirurgien élève. Ses premières armes dans la carrière de santé militaire sont dirigées par le chirurgien Louis Begin, alors professeur à la faculté de médecine de Strasbourg. Deux mois plus tard, il acquiert le grade de chirurgien sous-aide et reçoit une affectation à l’hôpital de Lyon.

    Le destin va plonger immédiatement Léon Legouest au sein des combats, car l’Algérie bouge. Le 20 novembre 1839, Abd-el-Kader jette ses troupes sur les premiers colons de la Mitidja et les rescapés se replient précipitamment sur Alger. Le gouverneur Valee demande des renforts et Paris dépêche en urgence 10 000 fantassins prélevés sur les régiments du midi. C’est dans ce contexte que le jeune chirurgien sous-aide Legouest débarque à Alger fin décembre 1839 et doit se dépenser sans compter au chevet des malades et blessés qui s’entassent dans les hôpitaux provisoires. En cette première moitié du 19e siècle, la morbidité occasionnée par les épidémies microbiennes et virales était mille fois plus redoutable que l’effet des balles ennemies. Alors que l’hygiène n’en est alors qu’à ses balbutiements, et que les méthodes de prévention et de traitement sont inexistants, chaque foyer d’infection se solde par un nombre considérable de décès. Il va relever le défi et mener ce combat obscur et dangereux dans la limite de ses jeunes compétences durant deux années.

    Après cette épreuve, il poursuit ses études à « l’hôpital amphithéâtre d’instruction et de perfectionnement des officiers du corps de santé militaire » de Metz, où il est affecté le 12 novembre 1841. Il est ensuite affecté à l’hôpital de Charronne le 02 octobre 1842, puis au 8e régiment de lanciers le 1er octobre 1843, en qualité de chirurgien sous-aide commissionné. Docteur en médecine en 1845, il est intégré le 13 avril 1845 dans le grade de chirurgien aide-major de 2e classe.

    Il rejoint l’Algérie le 06 mai 1845 pour un séjour de 3 ans, qui lui permettra d’acquérir une expérience irremplaçable dans le domaine de la chirurgie de guerre. Le 29 mai 1848, il est affecté au 6e Chasseurs, puis au 17e Léger. Nommé médecin-adjoint en janvier 1851, il débute un important travail de publications par une « Observation d’épanchement purulent de la plèvre : opération de l’empyème, première guérison obtenue par injection iodée » (Recueil de mémoires de médecine de chirurgien et de pharmacie militaire 1850 – 2esérie – tome VI).

     

    En avril 1851, il est affecté à l’hôpital de Lyon et entame une nouvelle phase de préparation universitaire. En mars 1852, il accède au grade de médecin aide-major de 1èreclasse, puis rejoint l’hôpital de Colmar en juin 1852. Il est reçu au concours d’agrégation de chirurgie du Val-de-Grace en février 1853.

    Professeur agrégé à 33 ans, le médecin aide-major Legouest participe à l’expédition de Crimée du 31 août 1854 au 19 mars 1855. Cette campagne lui inspire un « mémoire sur des congélations observées à Constantinople pendant l’hiver 1854-1855 » (Revue médico-chirurgicale de Paris – tome VIII). En janvier 1858, il succède à Hyppolite Larrey à la chaire du Val-de-Grace.

    Deux distinctions lui sont successivement conférées : la croix de chevalier de la Légion d’Honneur le 12 février 1858 et le grade de médecin major de 1ère classe le 27 mars 1858.

    Un an plus tard, nouvelle campagne en Italie du 30 avril au 22 septembre 1859, en qualité de chef du service de santé au Ve corps. Sa conduite lui confère le grade d’officier de la Légion d’Honneur le 15 juillet 1859.

    Les expéditions de Crimée et d’Italie vont permettre à Léon Legouest de s’impliquer dans un nouveau combat qui vise à obtenir l’autonomie du service de santé au sein de l’armée. A cette époque, les masses considérables de blessés et malades qui succèdent au combat, ne peuvent être correctement traitées. Bien mieux, le plus grand nombre est condamné à mourir, faute de soins. La bataille de Solférino est exemplaire à ce propos, puisque ce sont 25 000 blessés qui restent au soir du 24 juin 1859 à la charge de moins de 100 praticiens français dépourvus de moyens efficaces. Cette situation déplorable relève de l’organisation qui confie la prévision et la réalisation des moyens médico-chirurgicaux au service de l’intendance, préoccupé en priorité par la satisfaction des besoins purement tactiques. Ils sont nombreux à contester ce défaut d’organisation, et Léon Legouest, profondément marqué par ces désastres sanitaires, consacrera sa vie à la naissance d’un service de santé militaire autonome, capable d’apporter une aide efficace aux victimes des combats.

    De septembre 1859 à juillet 1870, Léon Legouest demeure en poste au Val-de-Grace, où il mène de front activités techniques, recherche, enseignement et projets d’organisation. Nommé médecin principal de 2e classe le 26 mars 1862, il publie en 1863 un « traité de chirurgie d’armée ». Le 14 mars 1865, il accède au grade de médecin principal de 1ère classe.

    Parallèlement, il s’implique de plus en plus dans les activités de la société chirurgicale de Paris. Il publie en 1864, dans le bulletin de cette société, un article sur la salubrité des hôpitaux militaires de Paris et de Vincennes, témoignage de l’importance accordée à l’hygiène par le chirugien de l’époque. En 1866, il publie un traité sur le service de santé des armées américaines, ouvrage qui s’inscrit dans le cadre des tentatives de réforme du corps de santé militaire. Ses travaux lui confèrent une réputation méritée qui lui ouvre les portes de l’académie de médecine en janvier 1867 dans la section médecine opératoire. Enfin, début 1870, parait une œuvre qui associe Léon Legouest et Charles Sédillot, et qui s’intitule « traité de médecine opératoire ».

    Mais l’heure n’est plus aux spéculations intellectuelles, car l’armée prussienne menace les frontières nationales. Après 2 ans de maladie, et alors que sa santé demeure fragile, Léon Legouest est nommé médecin chef du 1ercorps de l’armée du Rhin à Strasbourg, poste qu’il rejoint le 21 juillet 1870. Le 04 août, c’est la défaite de Wissembourg, le 06 août Woerth-Froeschiwiller. L’armée du Rhin se replie précipitamment jusqu’au camp de Chalons. Le 01 septembre, l’armée française capitule à Sedan.

    Après la défaite, Léon Legouest rejoint Rouen, affaibli par l’épreuve et la maladie. Il est nommé médecin inspecteur en décembre 1870. Après l’humiliation, la France s’empresse de construire un article économique et militaire capable de lui garantir la sécurité et de lui permettre de reconquérir le territoire perdu. Très affecté par la capitulation qui ampute sa ville de Metz au profit de l’empire allemand, Léon Legouest va participer avec ardeur à cette œuvre de rénovation dans sa discipline.

    Le 25 juin 1875, il est admis au conseil de santé de l’armé. Cette assemblée consultative ne possède aucun pouvoir, mais offre une tribune ouverte au monde politique et militaire. Le 18 juillet 1876, le médecin inspecteur Legouest est promu au grade de commandeur de l’ordre de la Légion d’Honneur.

     

    Le sort du service de santé se joue à l’occasion de la préparation de la loi relative à l’administration de l’armée. C’est lui qui sera chargé de défendre le projet de corps de santé autonome devant les commissions parlementaires. La loi du 16 mars 1882, relative à l’administration de l’armée consacre le succès de Léon Legouest, dans la mesure où elle reconnaît l’existence d’un service de santé autonome et responsable devant le commandement, de l’hygiène, de la prévention et du traitement des maladies et blessures au profit des militaires.

    Il est nommé médecin inspecteur général du service de santé militaire par décret du 23 avril 1882 puis président du nouveau comité consultatif de santé par décret du 07 juin 1882. Infatiguable, il consacre ses dernières années d’activité à l’organisation du nouveau service.

    Le 05 mars 1889, Léon Legouest rend son dernier soupir à paris, avec le chagrin d’avoir perdu sa province natale, mais en conservant l’espoir d’une libération prochaine.

    Le service de santé des armées a honoré sa mémoire, en baptisant l’hôpital militaire de Metz « Hôpital Legouest ». 

    Article paru dans la revue populaire lorraine en 1989.

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso