• 12 avril 2009 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Halifax (Nouvelle Ecosse-Canada) le 06 décembre 1917 dans GUERRE 1914 - 1918 shipsanchor-150x150convoismaritimes-150x150 dans PAGES D'HISTOIREhalifaxexplosionblastcloud-150x150secourshalifax-150x150halifaxexplosion-150x150halifaxmemorialbelltower-150x150

     

    En décembre 1917, le Canada était en guerre. En tant que membre du Commonwealth, la participation du Canada dans la première guerre mondiale, a commencé dès la déclaration de guerre de l’Allemagne envers le Royaume-Uni le 04 août 1914.

    Les pertes du Canada se comptaient déjà en milliers d’hommes, mais l’effort de guerre devait se poursuivre. L’océan atlantique séparait Halifax de la guerre en Europe mais la menace des sous-marins allemands était réelle.

    Pendant la guerre, la marine britannique avait fait du port d’Halifax, une base opérationnelle. Des troupes avaient été postées partout, dans la ville et autour de la ville. Un système de « Black-out » a été mis en application pour empêcher des sous-marins d’utiliser les illuminations de la ville pour la navigation. Des filets sous-marins étaient tendus à travers l’entrée du port la nuit.

    Halifax vivait 24 heures sur 24 : trafic maritime incessant, trains chargés de troupes et de provisions arrivant quotidiennement. Le port était toujours rempli de bateaux, en réparation ou pour la préparation au voyage vers l’Europe. Les bateaux de voyageurs chargeaient les troupes, les cargos chargeaient l’armement et les provisions de guerre (alimentation, munitions, carburant) et les navires-hôpitaux transportaient des personnels supplémentaires, médicaments). Le bassin de Bedford était un refuge naturel pour les convois constitués de bateaux neutres et de navires militaires, attendant d’être escortés à travers l’Atlantique sous la protection de cuirassés lourdement armés.

    A Halifax et Dartmouth, toutes les activités avaient un rapport avec l’effort de guerre. La guerre était omniprésente dans les esprits des gens.

     

    Le 6 décembre 1917, à 8h45, le navire  français « Mont-Blanc », transportant des munitions, et le navire de secours norvégien « Imo » sont entrés en collision dans le détroit du port d’Halifax.

    Le 6 décembre 1917 à 7h30, le « Mont-Blanc », sous la direction de François Mackey et du capitaine Aime Medec, quitte son ancrage à l’île de McNab et se dirige vers le port à une vitesse de six noeuds. L’avancée au travers des filets sous-marins était dirigée par un bateau à vapeur américain, arrivé le matin même, et piloté par Edouard Renner. Dans le bassin de Bedbord, l’équipage de l’« Imo » avait aussi levé l’ancre. L’« Imo », avec pour pilote William Hayes, avance en direction du détroit. Alors que l’ « Imo » entre dans le détroit, il se retrouve face à face avec le bateau à vapeur américain, le pilote Renner ayant ignoré le protocole maritime.

    Deux avertissements sonores sont émis par l’ « Imo » pour demander à ce que le bateau à vapeur change de cap. Le pilote Renner répond par deux avertissements, signalant qu’aucun changement de cap ne serait effectué (Avant que le bateau à vapeur ne soit entré dans le bassin, le pilote Renner, utilisant un mégaphone, avait averti William Hayes qu’un autre navire entrait dans le port).

    Le navire « Imo » évite tant bien que mal le bateau américain mais se retrouve face à face avec le « Stella Maris », un remorqueur qui tire deux chalands de cendres le long du chantier naval d’Halifax. Le capitaine Brannen, serre le « Stella Maris » tout contre le rivage pour faire place au navire « Imo ». Mais la longueur du remorqueur oblige l’ « Imo » à dépasser l’entrée du détroit. Il est en danger d’échouage. Le capitaine ordonne de faire machine arrière. La proue du navire balance vers la droite après une manoeuvre, et l’ « Imo » reste dans le canal de Dartmouth.

    L’ « Imo » était à une distance d’environ trois quarts de mille quand François Mackey l’a aperçu. De la timonerie du « Mont Blanc », Mackey voit que l’ « Imo » est sur une voie sud-est, qui coupera la proue du « Mont Blanc ». Mackey, inquiété par la vitesse de l’ « Imo », envoie un avertissement sonore pour indiquer que le « Mont Blanc » a le canal de Dartmouth. L’ « Imo » répond par deux avertissements, précisant que le capitaine a l’intention de conserver la même voie de navigation. 

    Un second avertissement insistant, est envoyé par le « Mont-Blanc », qui se dirige lentement vers le bord du rivage. Deux signaux sonores en réponse, aucun changement de cap de la part de l’ « Imo ».

    La collision est inévitable. L’ « Imo » percute la coque du « Mont-Blanc ». Les dommages sur le « Mont-Blanc » ne sont pas trop sévères et le capitaine de l’ « Imo » ordonne de faire marche arrière. Les étincelles provoquées par le frottement des deux coques provoquent l’embrasement des barils de benzène transportés par le « Mont-Blanc ».

    Le feu, en se propageant, empêche l’équipage d’accéder à l’équipement de lutte contre l’incendie et les marins abandonnent rapidement le navire sur les ordres du capitaine. L’équipage, sur deux canots de sauvetage, rejoint le rivage de Dartmouth, tandis que le navire en feu continue de dériver vers le rivage d’Halifax. Pendant que le « Mont-Blanc » brûle, d’autres navires tentent de lui venir en aide, et des spectateurs s’assemblent sur le rivage. Le navire en feu frappe ensuite la jetée, et le feu se propage à terre.

    A 9 heures, 4 minutes et 35 secondes précisément, le « Mont-Blanc » explose. Il transportait de grandes quantités de munitions pour l’Europe. Sa cale contenait plus de 2 400 tonnes d’explosifs, incluant du TNT, du fulmicoton et de l’acide picrique. Une gigantesque boule de feu s’éleva à plus de 1,6 km dans les airs. La puissance de la détonation déclenche un raz-de-marée qui s’éleve à plus de deux mètres au-dessus du niveau des hautes eaux.

    Plus de 2,5 km² de la ville de Halifax furent rasés et des vitres furent brisées jusqu’à Truro, à 100 kilomètres de là. Une ancre provenant du Mont-Blanc fut retrouvée à cinq kilomètres du port.

    Approximativement, 2 000 personnes sont mortes dans le désastre (dont 1000 instantanément), 9 000 blessés (dont 6 000 gravement), des centaines de personnes rendues aveugles par les éclats de verre et des milliers de personnes sans abri.

    Selon une estimation, les dommages occasionnés par cette explosion s’élevaient à peu près 30 millions de dollars Us de 1917.

     

    Le lendemain, un blizzard frappa la ville, faisant obstacle aux secours. De l’aide immédiate arriva néanmoins du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. La semaine suivante, de l’assistance arriva d’Amérique du nord, ainsi que des dons du monde entier.

    On peut voir à Halifax et à Dartmouth de nombreuses pierres tombales et des monuments qui rappellent l’explosion. Chaque année, le 6 décembre, à 9 heures, les cloches de la « Memorial Bell Tower » sonnent en souvenir des victimes de l’explosion.

    Un livre du souvenir est en ligne sur le site internet du gouvernement de la Nouvelle Ecosse, afin de ne jamais oublier les victimes.

    Un téléfilm a été réalisé en 2003 sur l’explosion de Halifax : Touchée en plein cœur (Shattered City: The Halifax Explosion), réalisé par Bruce Pittman.

    Source pour article (anglais). 

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso