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    Epinal : Chute d'un météore dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES meteore-150x150meteor-150x150 dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES

    Note sur une masse de fer météorique trouvée près d’Epinal le 07 juillet 1851 par Mr Guery.

     

     Le 5 décembre 1842, vers cinq heures et demie du matin, une vive lumière se fit remarquer au sud-ouest d’Épinal. Immédiatement après, on entendit au loin un bruit sourd qui dura quelques secondes, et que l’on peut comparer aux décharges successives de plusieurs pièces d’artillerie.

    Aussitôt, on remarqua sur les hauteurs de Saint-Antoine un immense globe de feu très-éclatant, qui se divisa en trois parties principales. L’une de ces parties alla tomber entre les maisons du Saut-le-Cerf et sembla rouler sur un pré situé à droite du chemin qui conduit à Dogneville. Une autre portion se divisa et tomba comme une pluie de feu sur la ville d’Épinal, particulièrement sur la place de l’Atre. La troisième partie, qui était la plus dense et dont je vis la chute, se dirigea comme un trait de feu sur la côte de l’Eaufromont et atteignit la terre à moitié de la hauteur de cette côte sur le versant qui regarde la Moselle.

    Pour avoir de plus amples renseignements, je me transportai près des personnes qui avaient été témoins oculaires du météore. J’explorai d’abord Épinal. Les personnes qui avaient presque été atteintes par les fragments enflammés me montrèrent du doigt la place où ils étaient tombés ; mais, malgré la plus grande attention, je n’y trouvai rien de remarquable. Ces personnes, cependant, m’assurèrent que, s’étant approchées de ces fragments enflammés, elles aperçurent, lorsqu’ils furent éteints, une petite quantité de cendre grisâtre, peu différente du sable qui entoure les pavés de la ville.

    Vers les trois heures de l’après-midi, je me dirigeai sur le Saut-le-Cerf, qui est à une demi-lieue de la ville, accompagné de M. Saladin, conseiller à la Cour de Nancy, qui présidait alors les Assises à Épinal. Mais, malgré les indices les plus précis et les recherches les plus minutieuses, nous ne trouvâmes aucune trace du phénomène. Le peu de succès de ces recherches ne me rebuta pas. Le lendemain, je parcourus l’Eaufromont dans tous les sens, je pris des informations exactes sur la chute de l’aérolithe, et cependant mes recherches, dans cette localité, furent aussi infructueuses que dans les autres. Toutefois, je ne perdis pas de vue ce qui m’intéressait à un haut degré, et, pendant plusieurs années, je continuai mes investigations sur l’Eaufromont.

     

    Enfin, le 7 juillet 1851, je trouvai, à mi-côté sur le chemin qui sépare les deux mamelons de l’Eaufromont, une masse de fer qui me sembla de prime abord devoir être une scorie. Cette masse se trouvait parmi les pierres rejetées sur le chemin par les cultivateurs des environs. Cependant un examen plus attentif me fit reconnaître que cette espèce de fer oxydé n’était pas une scorie, et qu’elle présentait, comme on le pourra reconnaître par la description que j’en vais donner, la plupart des caractères des aérolithes métalliques ; il devient dès lors probable qu’elle provient de la chute du météore qui a éclaté sur Épinal et ses environs le 5 décembre 1842.

    Aspect général

    Masse ferrugineuse, dont la partie supérieure est convexe et la partie inférieure concave. Cette masse présente des portions lisses, dures à la lime et difficilement attaquables par le burin. D’autres parties sont caverneuses, contournées et oxydées. Elle a une influence marquée sur le barreau aimanté suspendu à un fil à la distance de 15 centimètres. A la distance de 10 centimètres, elle attire le barreau, pour y adhérer fortement et pour ne s’en séparer ensuite qu’à la distance de 20 centimètres.

    Poids primitif : 843 grammes. (Nota : Plusieurs fragments de la surface ayant été détachés, le poids actuel est réduit à 755 grammes). Diamètre : 10 centimètres. Hauteur : 5 cm. Pesanteur spécifique : 5,23.

    Partie supérieure. On remarque sur cette partie, çà et là, des faisceaux d’une substance ferrugineuse bleuâtre, formant des stries parallèles. Un de ces faisceaux ayant été brisé par le milieu, on reconnaît sur la tranche, à la loupe, des vacuoles profondes, semblables à des alvéoles arrondies, séparées les unes des autres par la substance métallique, et disposées sur huit lignes parallèles dans le sens des stries brisées. On aperçoit ailleurs une réunion de petits mamelons très -brillants, d’un brun olivâtre, qui paraissent avoir été grillés par une forte chaleur. On voit au sommet de la masse une substance terreuse de couleur jaune-orangé assez vive. On remarque sur le bord et dans l’intérieur des cavernes des parties, les unes vertes, les autres d’un rouge brun foncé tirant sur le violet, et qui paraissent être colorées par le chrome.

    Partie inférieure. Cette partie, qui est concave, s’est moulée sur le terrain où elle est tombée. La chaleur dont ce corps était pénétré a forcé le sable qui était en contact avec cette partie d’y adhérer fortement ; et, au moyen de la loupe, on voit clairement des grains de quartz réunis dans une substance terreuse, mêlée d’un oxyde de fer jaune-brun. Sur cette face, on remarque encore de petits amas saillants d’un aspect métallique d’un gris de plomb clair, dont la substance est facilement entamée par la lime. (Je soupçonne de nickel.)

    Enfin, on voit aussi de ces colorations en vert et en brun dont j’ai parlé plus haut, et de petits corps lisses et très-brillants, qui paraissent avoir été vitrifiés par la chaleur et ont l’aspect du péridot.

    A la note est jointe une boîte contenant des fragments du corps trouvé à l’Eaufromont. Messieurs Cordier, Berthier, Babinet sont invités à en faire l’examen.

    Article extrait des comptes rendus de l’académie des sciences de 1852.

     

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