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  • Le camp chienstraineauxvosges-150x150 dans PAGES D'HISTOIREchienstraineaux3-150x150chiensvosges2-150x150chienstraineaux2-150x150

    Des « poilus » au secours des Poilus

     

    Depuis le début de la guerre, les hivers sont rigoureux et la neige est tombée en abondance sur les Hautes-Vosges. Les transports et les ravitaillements se font difficilement. Les fantassins sont bloqués par la neige dans les tranchées et les artilleurs dans leurs abris. Les communications sont parfois interrompues et les chevaux et mulets, utilisés comme bêtes de somme, ont bien du mal à avancer dans l’épaisse couche de neige des sommets. Les soldats doivent déneiger pour leur dégager le passage.

     Le capitaine Moufflet, du 22ème Bataillon de Chasseurs, suggère alors d’employer des traîneaux et des chiens pour le ravitaillement. Avant la guerre, il avait été prospecteur d’or en Amérique et connaissait très bien l’Alaska. Il adresse au ministre de la guerre, un rapport relatif à l’utilisation possible des chiens de trait de l’Alaska par les troupes de montagne dans les Vosges. En prévision d’une campagne d’hiver, le général commandant de la VII armée, fait ressortir l’intérêt de ce projet. Dans les Vosges, les attelages de chiens rendraient de précieux services.

    Le 7 août 1915, le ministre de la guerre, monsieur Alexandre Millerand, approuve le projet. Le gouvernement français prend contact avec Scotty Allan, le célèbre « musher », dont la réputation dans le monde des courses de traîneaux, n’était plus à faire. Le capitaine Moufflet, part pour le nouveau continent, accompagné du sous-lieutenant Haas, du 119ème Régiment d’Infanterie Territoriale, ancien consul de France en Alaska. Les deux hommes sont très au courant des habitudes et des moeurs du pays.

     

    Le capitaine Moufflet, grièvement blessé au début de la guerre et toujours convalescent, s’installe à Montréal afin d’organiser la réception des chiens, tandis que le sous-lieutenant Haas poursuit sa route vers Nome, via Seattle, afin de rencontrer Scotty Allan.

    Lorsque que le sous-lieutenant arrive à Nome, 106 chiens sont prêts, avec traîneaux, harnais et 2 tonnes de saumon séché. Le voyage en bateau jusqu’à Seattle dura neuf jours puis 3 000 km en train jusqu’à Québec. A leur arrivée à Québec, le sous-lieutenant Haas et Scotty Allan retrouvent le capitaine Moufflet, qui leur annonce que le nombre de chiens demandés est de 400. Il en manque donc presque 300. En moins de 2 semaines, 436 chiens furent réunis, les harnais confectionnés ainsi que 70 traîneaux construits. Les chiens furent embarqués à bord du « Poméranien », de même que 5 tonnes de biscuits.

    Au bout de quinze jours de navigation aveugle, « le Poméranien » fut rejoint par deux chalutiers anti-mines qui l’escortèrent jusqu’en rade du Havre. A bord du bateau, chaque chien avait reçu sa carte d’identité, une étiquette de cuivre portant d’un côté son numéro, son nom, et de l’autre celui de son équipage ainsi que sa place au traîneau. Chaque harnais était marqué du nom et du numéro du chien de même que celui de l’équipage auquel il appartenait. Les traîneaux et leurs équipements portaient les numéros des équipages. Il était prévu 60 attelages de 7 chiens chacun et une vingtaine de chiens de réserve.

    Des chasseurs alpins étaient venus au Havre pour suivre les entraînements avec les attelages et le voyage retour se fit en train jusqu’à Saint-Amé. Le 15 décembre 1915, les hommes et les chiens arrivent enfin dans les Vosges.

    En arrivant sur le front vosgien, les chiens furent partagés en 2 sections : la première sous le commandement du Lieutenant Haas fut installée au Tanet, la deuxième sous le commandement du lieutenant Hérodier fut installée à Breitfirst.

    Les chiens ont ainsi assuré des ravitaillements en vivres et en munitions, et parfois le transport des blessés. En été, ils tiraient les wagonnets du train sur les routes des crêtes. Travaillant sans cesse, en un hiver, neuf chiens transporteront ainsi 22 tonnes de fret sur 1350 km au total.

    Le chien de type esquimau n’est pas très rapide, mais il est endurant. D’ailleurs, il n’était pas possible d’aller très vite avec un lourd chargement. Rien que le fait de s’arc-bouter pour tirer la charge empêchait tout déplacement rapide. La meilleure distance obtenue a été de 120 kilomètres en une journée, avec 9 chiens attelés à un traîneau chargé de 300 kilos avec 3 hommes en armes et munitions.

    Deux exemples de missions accomplies :

    * amener en 4 jours, 90 tonnes de munitions à une batterie qu’hommes, mulets et chevaux avaient tenté de ravitailler pendant 15 jours, sans parvenir à apporter un seul obus.

    * poser en une nuit, 30 kilomètres de fils téléphoniques et rétablir ainsi la liaison avec un poste isolé par les Allemands.
    Des avions de reconnaissance avaient repéré le poste, mais n’avaient pu, jusque là, lui être d’aucun secours. Grâce au téléphone de campagne ainsi posé et à des reconnaissances aériennes, le Q.G. fut capable de diriger les forces encerclées et de leur faire rejoindre les lignes françaises.

    Les chiens auront ainsi activement contribué à la victoire finale et trois d’entre eux seront décorés de la Croix de guerre.

    La guerre terminée, ils connaîtront une fin de vie sereine : « en pantoufles, comme chiens de salon ! ».

     

    Sources pour cet article : un article extrêmement détaillé de cette aventure écrit par un passionné de chiens de traîneaux et le livre « Soldiers & Sled Dogs : A History of Military Dog Mushing » de Charles L. Dean publié en 2005.

    Une exposition, illustrant l’utilisation des chiens de traîneaux pendant la guerre 14/18 dans les Vosges, leur a été consacrée  au musée Serret de Saint-Amarin (68) en novembre 2008 à l’occasion du 80ème anniversaire de l’armistice.

     

    A signaler : un film relatant ces aventures, intitulé « Nom de code : poilus d’Alaska » de la société de production « Bonne Pioche ».

     

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  • 3 commentaires à “Le camp « New Alaska » dans les Vosges en 1915”

    • Serge Tonneau on 11 janvier 2014

      Bonjour .
      Je désirerais savoir si un ou des livres ont été publié en France.
      Merci

      • Daniel Duhand on 8 mai 2014

        Bonjour,
        Je suis l’auteur du film qui s’appelle en réalité « Nom de code: Poilus d’Alaska » il est disponible en vod sur le site d’Arte.
        Pour le côté livre, Casterman va sortir fin août début septembre le premier tome d’une BD sur les Poilus d’Alaska et un livre devrait être disponible durant l’été sur le site:www.poilusdalaska.com
        Cordialement
        Daniel Duhand

    • Daniel Muller on 10 novembre 2014

      Je viens de regarder votre film, ce jour 10 novembre 2014, que je trouve super.
      Ayant moi même un Husky, qui est sans doute l’un des descendants des survivants en fin de guerre 1918.
      Félicitations
      Cordialement
      d’Alsace – Daniel Muller

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