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    Hiver 1890-1891 dans les Vosges - Neige et glace dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES grarmerpatinagesurlelac-150x150grarmerlelacenhiver-150x150 dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLESpatinagesurlamoselle-150x150

     

    Les premières neiges de l’hiver 1890-1891 sont tombées le 16 octobre dans la montagne et le 27 du même mois dans la plaine. Ces premières chutes étaient en avance de 10 jours sur la date moyenne. Le nombre de chutes, depuis les dates ci-dessus et jusqu’au 01 avril 1891, ont été, en moyenne de 46 dans la montagne, et de 30 dans la plaine, janvier et mars ayant fourni ensemble, plus de moitié de ces nombres.

    La hauteur d’eau fournie par cette neige a été la suivante : dans la montagne 420 mm ou environ 27 % de la hauteur totale recueillie pendant l’année entière , et dans la plaine, 92 mm soit seulement 10 % de la hauteur d’eau tombée dans cette région pendant 1 an.

    Jusqu’au 22 janvier 1891, c’est à dire pendant la durée des plus grands froids, le sol, dans la plaine, n’a été recouvert que d’une légère couche de neige. Celle-ci n’a pas été suffisante partout pour garantir les plantes contre les effets des gelées. Mais le 22 janvier 1891, à la suite d’une tourmente qui a duré 48 heures, la hauteur de la neige a atteint 30 cm dans la plaine et un mètre au sommet de la chaine des Vosges.

    A la fin de février, on n’en voyait plus que dans les bas-fonds et dans les endroits exposés au nord. Il en a été ainsi jusqu’au 21 mars. Mais à partir de cette dernière date, et jusqu’au 31, le sol a été à nouveau recouvert d’un couche dont l’épaisseur a varié, de l’ouest à l’est du département, de 3 cm à 1 mètre.

    Les dernières neiges sont tombées le 17 avril dans la région montagneuse. Le 20, le sol en était définitivement débarrassé, sauf sur les sommets elevés, où, à la fin du mois, la hauteur était encore de 50 cm.

    La gelée a pénétré dans le sol à une profondeur qui a varié de 0,40 m à 1,50 m, selon la nature des terrains et leur exposition. Dans les sols argilo-calcaires, la moyenne a été de 0,45 m. Dans les marnes du lias, elle a été de 0,50 m. Dans le muschelkalk et les marnes irisées, elle a été de 0,80 m. Dans les terrains siliceux, à base de grès ou de granit, elle a été de 0,90 m.

    La tere était encore gelée le 15 mars, au moment des premiers labours de fin d’hiver. Des conduites d’eau placées dans un sol siliceux ont été gelées du 10 janvier au 15 avril (commune de Granges).

    En forêt, sous le couvert des arbres, la gelée ne semble pas être descendue en-dessous de 0,30 m (inspection forestière de Neufchâteau et Darney). A Fraize (sols siliceux), dans les endroits exposés au nord, et non recouverts de neige, la gelée a pénétré jusqu’à 1,5 m dans le sol. A Monthureux sur Saône (grès bigarré), des conduites enterrées à 1,20 m ont été gelées.

    A Neufchâteau, en terrain découvert, dans un sol léger et plat (calcaire de la grande oolithe), les conduites ont été gelées à 0,60 m de profondeur ; celles du quartier de cavalerie à 1,10 m. En sol compact argilo-calcaire, également plat, la gelée est decendue à 0,50 m.

    A Remiremont (affleurement de granit), les terrains humides ont été gelés à 1,50 m. A Vioménil (grès bigarré), à une belle exposition, au soleil de midi, sous une couche de neige de 0,20 m, on a creusé la terre à coups de hache, et on a trouvé 0,55 m de terre fortement gelée (0,65 m plus au nord).

    Les cours d’eau à forte pente de la région montagneuse n’ont pas été complètement pris par les glaces. Ceux de la plaine ont été totalement pris à partir de décembre. Dans cette dernière région, beaucoup de petits cours d’eau ont été gelés à fond. La Moselle, dans la traversée d’Epinal, a été prise du 09 au 24 janvier 1891. L’épaisseur n’a pas dépassé 0,20 m. La débâcle générale s’est produite le 25 janvier par une température de 3,5 °.

    Le canal de l’est a été pris, sans interruption, du 28 novembre 1890 au 05 mars 1891, soit 98 jours consécutifs sur le versant de la Moselle, et du 28 novembre 1890 au 09 mars 1891, soit 102 jours consécutifs sur le versant de la Saône. L’épaisseur a atteint 0,60 m sur certains biefs en tranchée profonde ou dans le voisinage des forêts.

    Le lac de Gérardmer (superficie 116 hectares) a été pris le 16 décembre 1890, soit 15 jours plus tôt que la date moyenne. La glace a persisté jusqu’à fin mars 1891. L’épaisseur a dépassé 0,45 m.

    D’après les annales de la société d’émulation des Vosges – Parution 1892.

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