Restez à jour: Articles | Commentaires

  •  

    Thil - « 1944 – N’oublions jamais » dans GUERRE 1939 - 1945 lacrypte1-150x150entregalerie11-150x150 dans PAGES D'HISTOIRElautel1-150x150cartelocalisation11-150x150

    « Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »
    Ferdinand Foch

    Située à quelques kilomètres de Longwy, dans le Pays-Haut, la petite ville de Thil (54) possède un mémorial de la seconde guerre mondiale, méconnu de la plupart des gens : la Crypte de Thil classée « nécropole nationale » depuis 1984 par le secrétariat des anciens combattants.

    Cette crypte est un solennel et émouvant lieu de mémoire et un collectif s’est constitué en association pour faire connaître et reconnaître le seul camp de concentration nazi en France non annexée.

     

    Pour pouvoir comprendre le choix de l’emplacement de ce camp à Thil, il faut remonter l’histoire quelques années avant la seconde guerre mondiale.

    I – La mine de l’horreur et l’arme secrète nazie 

    1 – L’invention infernale qui devait sauver le Reich 

    1932 – Au sud de Berlin, Werner von Braun met au point des fusées à carburant à Kummersdorf. 

    1935 – Le centre se révélant trop exigu, la fabrication de V1 et V2 est transférée sur la Baltique, à Peenemünde. Là, un grand nombre de déportés, de prisonniers de guerre et des personnels civils et militaires allemands travaillent dans le secret. (V = Vergeltungswaffen, c’est-à-dire arme de représailles).

    V1 : bombe volante, longue de 8 m, emportant 800 kg d’explosifs, 500 kg de carburant, filant à 800 km/h et capable de franchir 300 km. V2 : fusée balistique – longueur 13 m, emportant 1 tonne d’explosifs à vitesse supersonique (5000 km/h) avec une portée de 500 km.

    Décembre 1942 – Les premiers essais de lancement à partir de cette base sont éxécutés pour 3 V2.

    Août 1943 – Un bombardement par 600 avions anglais détruit partiellement la base allemande qui redémarrera difficilement sa production. Comprenant le danger présenté par cette arme nouvelle (de grande capacité destructrice et de longue portée, de construction et emploi faciles), les alliés bombardent également les autres centres de production de l’arme et les centres de stockage en Europe. Une partie des chaînes de production des groupes propulseurs de fusées est tranférée à Fallersleben, en Basse-Saxe, mais l’objectif allemand est d’intensifier la production de son arme secrète afin d’inverser le cours de la guerre en faveur du Reich. Pour protéger ses centres de production contre l’aviation alliée, l’Allemagne décide de les enterrer dans les excavations, galeries de mines, tunnels…Ces usines d’armement nécessitent des milliers de mètres carrés par site. Dans le recensement effectué en 1942, le site lorrain de la mine de fer de Tiercelet est retenu pour abriter une telle usine. 60000 m2, sur les 200000 offerts par la mine, seront aménagés (aires bétonnées, élargissement des galeries…) pour recevoir les futurs ateliers souterrains, aménagements pilotés par l’organisation Todt.

    2 – La mine de fer du syndicat de Tiercelet

    La concession de Tiercelet, datant de 1885 (date gravée à l’entrée de la mine), a été octroyée à cinq sociétés sidérurgiques regroupées en syndicat pour exploiter cette mine marchande. Située au sud de Thil, elle est contigûe des mines de Brehain et d’Hussigny-godbrange. Electrifiée en 1889, elle aura un service de transport au fond, commun avec sa voisine de Godbrange dès 1926.

    1940 – Contrairement à ce qui se passa lors de la 1ère guerre, elle poursuivit sa production sous contrôle allemand avec l’aide de personnels réquisitionnés puis de prisonniers de guerre après 1942.

    Début 1943 – Une partie de la mine est attribuée à la firme Volkswagen pour y installer une usine souterraine de fabrication de V1 et autres éléments aéronautiques. Dans un premier temps, interviennent, sous les directives de l’entreprise Todt et la surveillance des gardes Todt, des équipes prélevées dans les deux camps voisins (Errouville et Morfontaine) pour réaliser le génie civil. Le camp  d’Errouville abritait des Ukrainiens (3000), Polonais, Soviétiques (tous prisonniers politiques), des Tziganes, des Juifs allemands et près de 600 femmes russes déplacées. Le camp de Morfontaine accueillait des militaires prisonniers (soldats italiens de Badoglio, soldats sénégalais et magrébins) et des requis français (STO). Ces deux camps étaient d’anciens camps de l’infanterie de forteresse (ligne Maginot).

    Puis, les machines outils provenant des usines partiellement détruites de Volkswagen et de celles évacuées de Fallersleben, arrivent par convois ferroviaires et routiers. Elles sont manutentionnées et installées par les prisonniers des deux camps cités, ainsi que par les détenus des camps de Villerupt et Audun le Tiche. Tours, presses d’emboutissage (plus de 40), foreuses, fraiseuses, étaux limeurs, …, postes à souder électriques par points, sont implantés dans la galerie principale (30 m de large, 5 à 15 m de kaut, sur plusieurs centaines de mètres de longueur) et desservis par des convois aériens.

    Une voie ferrée de gabarit normal est installée dans la galerie (cette entrée de mine à flanc de coteau avec liaison ferrée SNCF est probablement l’atout majeur qui déterminera le choix de cette mine comme usine souterraine), permettant la livraison des machines et matières premières par le réseau SNCF local. Elle permettra l’expédition des fusées vers les unités allemandes de défense (un certain nombre de fusées auraient été tirées depuis la mine puisque des rampes de V1 ont été terrassées puis bétonnées. Elles permettaient d’atteindre les Alliés sur le sol français).

    Pour exploiter cette usine, est créée une société allemande « Minette Gmbh » dont le siège berlinois a désigné un responsable local, le capitaine de la Luftwaffe Backhaus. Soucieux de la continuité de la production, la direction de Volkwagen (M. Porsche), obtient de l’administration centrale des camps (Obergruppen führer Pohl) la mise à disposition de 3500 travailleurs (détenus bien sûr). Outre l’approvisionnement en matière première, c’était à l’évidence la condition essentielle pour faire tourner à plein (24h sur 24) l’usine souterraine « ERZ » (nom de code de l’usine) construisant en série des « Kirschkern » (nom de code pour les V1), arme porteuse de tous les espoirs d’Hitler.

    II – Le camp de Thil (Arbeitslager ou konzentrationlager KZ)

    1 – Création

    Si les deux camps cités plus haut étaient des camps de travail apportant leur contingent quotidien par voie ferrée sur le chantier d’aménagement de l’usine souterraine et plus tard dans les ateliers de fabrication, le camp de Thil était, en revanche, un camp de concentration gardé par des SS, où régnait un régime carcéral des plus vigoureux.

    En Mars-avril 1944, des déportés arrivent par voie ferrée du Struthof (le camp de Thil est en fait une annexe du camp de Natzweiler, dont il dépend administrativement et qui lui enverra plusieurs convois de détenus), déchargent manuellement et procèdent au transport et montage de baraques du camp, livrées par les mêmes wagons que les hommes. Ces éléments pesants sont glissés sur des rampes raides, retenus dans leur chute par les déportés souvent blessés et malmenés par la soldatesque, puis transportés à dos d’homme à l’emplacement futur des baraquements. Ce premier groupe d’europe centrale comporte essentiellement des personnes d’origine juive venant d’Auschwitz (environ 300).

    Le 07 juin, c’est un nouveau groupe d’Auschwitz de 500 membres qui débarque à Thil, accompagné du futur commandant du camp, l’éxécrable Büttner, réputé à Auschwitz pour la terreur qu’il faisait régner.

    Le 20 juin, c’est un groupe de Hongrois juifs (500 ?).

    Le 03 juillet, 300 juifs, provenant du kommando de Fallersleben où ils ont été formés au montage, s’intègrent à l’usine de Tiercelet. Comme ceux de Peenemünde, ils accompagnent des machines outils transférées. D’autres convois, plus réduits, arriveront du Struthof (25/06 – 29/06 – 03/07).Dans cette communauté hétéroclite, se côtoient nationalités multiples, ethnies diverses, langues et religions différentes de statuts disparates (civils et militaires, déportés et prisonniers de guerre,…), entraves à la communication, mais groupes solidaires car unis par la souffrance et probablement la haine de l’oppresseur.

    2 – La vie au camp

    La maquette exposée montre : le double alignement des 8 baraques (dimensions Longueur = 25m – Largeur = 6m – Hauteur = 3,5m) réservées aux malheureux détenus, entourées par un enclos de piliers de béton portant plusieurs rangées de barbelés et surveillées par des sentinelles en tour de guet et les 6 baraques affectées à la soldatesque et à l’infirmerie rudimentaire, latrines et lavabos sont à l’extérieur.

    Par le truchement de ses « Kapos », Büttner fait régner la terreur : brimades, humiliations, coups, sévices, cadences mortelles. La vie du camp est un calvaire : Lever à l’aube et appel en plein air par tous les temps, comptage scandé de coups. Après absorption d’un breuvage insipide, rarement accompagné de pain, les groupes se rendent à pied (3 km) aux ateliers souterrains en traversant le village, encadrés par des gardiens armés et leurs chiens. Vétus de leurs tenues rayées en loques, coiffés d’un calot rond posé sur leur tête rasée, chaussés de galoches (sans chaussettes), ils déambulent en silence, au vu de la population, qui n’a pas le droit de leur parler ni de leur venir en aide. 

    A midi, pause repas : un bouillon maigre où baignent quelques légumes ou de l’orge bouillie. Après le repas du soir, constitué du même menu, les prisonniers exténués par le travail, le trajet, le harcèlement et rongés par la faim, s’effondrent sur leur paillasse (certains auteurs prétendent que ces baraques pouvaient loger 200 personnes chacune : ce qui est vraisemblable puisque ces travailleurs effectuent les tournées, 2 voire 3. Dans ces conditions, une paillasse suffit pour pour 2 ou  3 occupants).

    Dans ces conditions de vie, beaucoup de prisonniers périssaient de faim et de fatigue. Dans ce camp, on n’exécutait pas car la fatigue s’en chargeait. Au mois de mars 1944, des témoins affirment que l’on brûlait fréquemment des cadavres ( fumée de couleur et odeur caractéristiques) . Avant la réquisition par les Allemands de l’incinérateur de l’abattoir de Villerupt, ceux-ci brûlaient les corps sur des fagots de bois arrosés de goudrons ou des branches de sapin aspergées de benzol. Le four incinérateur, placé non loin du camp, transforma celui-ci en camp d’extermination. Aucune statistique officielle n’a été retrouvée, permettant de dénombrer les décès. Mais le rapport du 15/08/1944, établi par Natzweiler donne un effectif de 860 détenus (et 66 gardiens). Ce qui est discordant avec le dénombrement des convois cités plus haut.

    3 – L’évacuation du camp de Thil

    Le 19 Août 1944, les alliés progressent et occupent la ville de Longwy toute proche. Une patrouille américaine entre discrètement dans le camp de Thil et y exécute quelques photos (les G.I découvrent des dizaines de cadavres de détenus près du four allumé par des gardes SS). L’occupant nazi fuit Thil in extremis car il faut coûte que coûte produire le plus de fusées possible.

    L’évacuation des détenus le 01/09/1944. A l’aube, les prisonniers, rassemblés rapidement, sont embarqués dans des wagons de marchandises découverts. Les militaires allemands, fortement armés, sont juchés sur les bords des wagons pour surveiller les groupes (une centaine de prisonniers par wagon). Le parcours est douloureux : frogorifiés dans ces wagons ouverts, privés de WC, angoissés par les nombreux arrêts dus aux bombardements, tenaillés par la faim…Après avoir traversé le Luxembourg, l’Allemagne (plusieurs jours jusqu’à Trèves), le convoi bifurque à Coblence vers le sud pour se rendre à Kochendorf sur le Neckar (près de Heilbronn). Le groupe y est affecté à ce Kommando annexe extérieur de Natzweiler (il y restera 7 mois) mais pour exécuter les mêmes travaux qu’à Thil.

    A Thil, l’effectif était en Août 1944, de 860. A Kochendorf, en provenance de Thil, il y a seulement 557 déportés. Si l’on ajoute les 97 déportés d’Audun le Tiche, les détenus de Lorraine sont donc 654. Les 300 déportés de Thil manquant dans ce dénombrement, ont été expédiés le 04/09/1944 à Dernau, kommando dépendant du camp de Buchenwald (selon un rapport du 30/09 de Natzweiler). On est en droit de se demander d’où provenaient les cadavres photographiés par l’américain Patrol, corps déposés près du four incinérateur en pleine activité. La présence de corps en uniforme allemand parmi ces cadavres serait-elle révélatrice du désaccord entre gardiens sur le sort assigné aux détenus ?

    A Kochendorf, les détenus poursuivent le montage de fusées et connaissent à nouveau la vie concentrationnaire jusqu’à fin mars 1945. A cette date, l’étau des armées alliées se resserre sur le cœur du reich et le centre de kochendorf doit être abandonné. Cette fois, faute de moyen de transport, les prisonniers cheminent plusieurs jours à pied pour rejoindre la gare où ils seront embarqués dans des wagons à bestiaux (60 par wagon). Le convoi, plusieurs fois attaqué par l’aviation, traverse Munich et atteint Dachau. Les survivants du camp seront libérés fin avril 1945 par les troupes américaines.

    L’évacuation du matériel de la mine ERZ. L’évacuation rapide des machines outils de la mine suivit de quelques jours celle précipitée du camp et ne dura qu’une journée. Fusées incomplètes en cours de montage, sous-ensembles, furent emportés pour finition ainsi que les pièces détachées. La production était ainsi interrompue avant qu’une fusée ait pu sortir terminée des ateliers de Thil en dépit des sacrifices consentis, y compris humains. Convois et trains évacuèrent la plus grosse partie des machines outils de la Sté Minette vers Holzminden sur la Weser, dans une usine d’asphalte désaffectée. Pour l’ensemble des usines de Lorraine « vidées » par l’occupant, il fut utilisé 124 wagons et 83 camions pour évacuer les matériels stratégiques indispensables à la poursuite de l’effort de guerre allemand.

     

    III – Mémoire du camp

    1 –  Les vestiges du camp

    A la libération de la Lorraine, les lieux sont dévastés ! La mine ERZ, dépouillée par les SS des machines les plus sophistiquées, est pillée par les ferrailleurs, les usines voisines, les particuliers à l’affût de matériels techniques subsistants : moteurs et appareillages électriques, outillages, visserie,… que des années de pénurie rendent précieux.Une carcasse de V1 a pu être reconstruite par le musée de Neufchef.

    Le camp est démantelé. A part un baraquement qui sert aux américains à abriter les servants d’une batterie de DCA voisine, tout le reste est mis en pièces : tôles de toitures récupérées, huisseries déposées, panneaux muraux de bois transformés en bois de chauffage ou de construction chez les particuliers…

    En quelques jours, il ne restait plus de traces d’un camp où des malheureux avaient vécu l’enfer de l’internement et du travail forcé. Seul le four incinérateur fut sauvé courageusement du pillage et des démolisseurs. Il est évidemment le symbole atroce du martyre vécu au camp et à la mine de Thil.

    2 – Conserver le souvenir

    1946. Pour éviter que le souvenir des heures douloureuses s’efface, un comité rassemble des fonds et des bonnes volontés (particuliers et entreprises) pour édifier une crypte du souvenir. Une longue file de bénévoles solidaires apporte son coucours, maniant qui la pelle qui la pioche, portant l’un les briques, l’autre le ciment, déchargeant les camions ou enlevant les déblais… Cette file enthousiaste se substitue un temps à celle silencieuse qui empruntait quelques années auparavant le chemin du calvaire mine – camp.

    La crypte abrite : au centre, le four crématoire transplanté et reconstruit ; dans l’aile droite, les cendres retrouvées dans le four et conservées en coffret de verre, les plaques commémoratives des vistimes de Thil et environs ; dans l’aile gauche, une maquette du camp. 

    « Cette crypte a été érigée afin que le souvenir de ceux qui ont souffert en ces lieux reste présent à la mémoire des hommes » 

    Du camp subsiste : une dalle de béton d’assise d’un baraquement, une parcelle de terrain du camp rachetée par la commune (destinée au parking des visiteurs).

    1949. Par arrêté du 15/12, le camp de Thil figure sur la liste des camps de concentration et prisons ouvrant droit au titre de déporté sous l’appellation « Longwy – Thil – commando de Natzweiler ».

    1978. La section d’enseignement spécialisé du collège Mace de Villerupt dessine et exécute une statue métallique de déporté, en cordons de soudure surchargés, dressée sur une mappemonde en tôle, déchiquetée au chalumeau, près de la crypte.

    1984. Le secrétariat des anciens combattants accepte de prendre en charge l’entretien de la crypte en la classant « nécropole nationale ».

    1996. Création d’un collectif ouvert à tous ceux qui veulent œuvrer pour la mémoire du lieu.

    2000. Le collectif se constitue en association, l’A.M.R.C.C.T.L (Association pour la Mémoire et la Reconnaissance du Camp de Concentration de Thil Longwy).

     

    D’après un article paru dans la « Revue Lorraine Populaire ».

     

  • 2 commentaires à “Thil – « 1944 – N’oublions jamais »”

    • Eliane PFISTER on 11 mars 2014

      Bonjour
      Je ne sais pas à qui m’adresser.
      Mon ancêtre a été libéré de MOOSBURG en juillet 1943 et est arriver à Compiègne (fiche de la Croix Rouge).
      Seulement il parlait toujours du camp de Thil, qu’il mettait les gens au crématoire et qu’il a vu des copains se faire tuer parce qu’il regardait au-dessus de la « butte » et qu’il avait très peur.
      Ce que je veux vous soumettre : est-il possible d’avoir été libéré et avoir été mis dans un autre camp dont celui de Thill car de ce qu’il racontait c’était qu’il vissait et qu’il fabriquait les V1.
      Je vous signale que mon beau-père était signalé au camp de Moosburg comme italien alors qu’il était naturalisé français depuis 1936, il habitait à HERSRANGE tout près de Thill.
      Je n’arrive pas à retrouver trace de son incorporation dans ce camp.
      Avez-vous des idées?
      Eliane

      • Jacques Stempert on 2 mars 2016

        Bonjour,
        J’effectue des recherches sur Thil depuis quelques années.
        Si vous avez des documents plus précis je peux faire le relais pour vos recherches
        cordialement

    Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso