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  • 31 janvier 2009 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Un dicton populaire dit « A la St. Crépin, les mouches voient leur fin » 

    En 1778, il prit tout son sens… Après un été caniculaire et un début d’automne extrêmement clément, le temps se dégrade vers la mi-octobre et des précipitations apparaissent. Le 20 octobre 1778, le vent s’oriente au secteur ouest sud ouest, les pluies se généralisent et se renforcent sur la région. Aucune accalmie n’intervient, bien au contraire. Le vent devient tempétueux tandis que de violents orages se développent et accentuent les cumuls de précipitations (qualifiées de diluviennes du 23 au 25 octobre). C’est là que les évènements prennent une tournure dramatique. 

    Le dimanche 25 octobre 1778, les eaux de la Moselle commencent sérieusement à monter. Le matin, elles s’étendent sur le Champ-de-Mars et la promenade du Cours. Entre 15 et 16 heures, elles commencent à devenir effrayantes dans la ville d’Epinal. Le grand pont du Cours se détache et ses débris entrainent celui du Corps-de-garde. Les ponts sur le canal, au nombre de quatre, subissent le même sort, de sorte qu’à 17 heures, la petite ville, en butte à la force irrésistible et constamment croissante des flots, devient une île dont on ne pouvait plus sortir. Non seulement les eaux refluent dans la ville par les orifices des égoûts et des ruisseaux, mais des courants d’écoulement s’y établissent. Celui qui pénétre dans la petite ville par l’extrémité du pont des Quatre-Nations, en croise un autre, qui depuis l’hôpital, suit la rue de l’Ancien Hospice et celle des Petites Boucheries. Réunis, ils se dirigent par la rue de Grève après avoir creusé un trou profond. C’est là que périt la seule personne dont l’inondation causât la mort. 

    52 maisons furent entraînées, en tout ou en partie. Toutes les rues de la petite ville furent couvertes d’eau. Les eaux sont montées jusqu’à minuit, elles étaient dans leur maximum à 4,98 mètres (15 pieds) au dessus de leur niveau ordinaire. La grande ville n’échappa pas à ces dévastations : la Moselle s’ouvrit un passage au bas de la chaussée du chemin d’Archettes, et un courant d’eau s’établit par la rue de la Grande Voie, couvrit la place à plus de 3 pieds de hauteur (90 cm), y creusa des excavations, notamment à l’entrée de la rue du Pont, et  envahit de plus d’un pied (30 cm) le sol des rez-de-chaussée de la rue de l’Hôtel de ville. A l’exception de la débâcle des ponts, tous les ravages ont eu lieu pendant la nuit. L’obscurité la plus profonde voilait cette scène d’horreur, éclairée seulement à de longs intervalles, par les feux de la foudre. 

    A partir de minuit, les eaux commencèrent à baisser. Au jour naissant, on chercha à reconnaître l’étendue des désastres. Ils étaient immenses. En amont de la ville, toutes les terres basses de la gorge dominées par le côteau de Quequement avaient été emportées et il ne restait que la grève. Vingt-cinq jours de terre au Champ du Pin avaient subi le même sort. Une partie de la jetée du chemin d’Archettes, les murs d’amont et de rive du Cours, ainsi que de l’Esplanade avaient disparu. Les canaux des Moulins étaient ensablés et les usines endommagées. A la rive gauche, au dessus de l’entrée du canal du Faubourg, les ateliers des tanneurs et des chamoiseurs avaient été enlevés. Les eaux avaient aussi soulevé les pavés de l’église. Tel était le spectacle de ruine et de désolation que les eaux laissaient à découvert en se retirant. Estimation des dommages pour la ville d’Epinal :   228398 francs or.

    D’après la Revue d’Austrasie publiée en 1839 

     

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